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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

quelques personnes y dépensent dessommes considérables. Il en est un,m’a-t-on dit, qui a coûté trente milleducats , et où les figures se meuvent àl’aide de mécaniques.

Je reviens aux Lazzaroni. Muratdécima cette population ; elle lui servità composer une armée qui, sous lesrègnes précédens, se recrutait en grandepartie dans les bagnes. La police., lanuit, ramassait tous les hommes qu’elletrouvait couchés dans la rue, ce quiforça ceux qui voulurent se soustraireà cette presse , à se pourvoir de loge-mens, par conséquent à prendre unétat dont les gains pussent fournir àcette dépense. C’est ainsi que beau-coup aujourd’hui sont ouvriers, etmêmebons ouvriers, car le Napolitainest susceptible de suivre toutes les im-pulsions qu’on lui donnera.

Le palais du roi de Naples « pa-lazzo reale » , ou simplement palazzo(PI. 88 ), est un ouvrage important deD. Fontana, dont le plan, modifié àdiverses reprises, a été gâté par sessuccesseurs.

Ses décorations consistent en troisrangs de pilastres d’ordres différens,placés les uns sur les autres, sur unfond brique rosé, et couronnés d’unecorniche garnie alternativement de py-ramides et de vases.

La cour, médiocrement grande, est, décorée de deux rangs de portiquesl’un au-dessus de l’autre, auxquelsconduit un escalier magnifique, com-mode et large, orné au bas des statuescolossales de l’Ebre et du Tage .

Dans les appartenions règne celtemagnificence ordinaire à la demeuredes rois. Ils sont décorés de tableaux deRaphaël, du Guide, du Schidone, duTitien , de l’Albane, etc. La salle dutrône est belle, et la chapelle, peintepar Giacomo del Pô , est d’une grande

magnificence. La partie habitée parles princes et princesses donne sur lamer. De ces appartemens on passe surune terrasse ornée de bustes et de vasesen marbre. On se promène dans cejardin ' suspendu sous des berceauxd’orangers et d’arbrisseaux de touteespèce. La nature a obéi sans résis-tance aux volontés du jardinier, qui aplié ces arbustes de mille manières. Cepetit simulacre de jardin est peigné,arrangé d’une manière ravissante. Satoilette est aussi recherchée que celled’une petite maîtresse, on dirait quec’est Flore qui se pare elle-même. Mais,hélas ! quelle ombre à ce tableau ma-gique ! au lieu du chant gracieux del’oiseau matinal, un bruit sinistre delourdes chaînes se fait entendre, l’ar-senal, le bagne et les nombreux forçatsqui le peuplent sont au-dessous, pla-cés là comme pour offrir le contrastedes deux extrémités de la civilisation.

Sur le Largo di Palazzo « place dupalais », en face du palais du roi, on aconstruit une église, à peine achevéeen ce moment, sous l’invocation desaint François de Paule (PL 89). Fai-ble imitation du Panthéon de Rome ,sa masse paraît d’autant plus écrasée,que des édifices, élevés sur la collinede Pizzo Falcone, la surmontent parderrière à une grande hauteur. Cepen-dant, le portique semi-circulaire, dontl’église forme le centre, est une belleet grande décoration pour la place, pré-sentement la plus belle de Naples parles édifices, quoiqu’elle ne soit pas laplus grande. Cette place est ornée en-core de deux statues colossales éques-tres , en bronze, de Charles 111 et deFerdinand I er .

Le palais est attenant au théâtre,dans lequel la cour peut aisément serendre sans sortir, comme aussi, en casde nécessité, elle pourrait se réfugier