au fort du Cliâteau-Neuf, au moyend’un pont de communication, ou dansle fort Saint-Elme, point culminantde la ville, en suivant un escalier pra-tiqué sous terre.
Les théâtres sont les temples des Ita-liens , a dit un écrivain : celui de SanCarlo , théâtre royal, est aussi le roi desthéâtres pour la grandeur et la magnifi-cence. Cependant, sa situation dans unerue, est mal choisie , sa façade (PI. 90),d’une architecture trop sévère , etil serait à désirer que l’escalier fûtplus analogue à la splendeur de l’édi-fice ; la salle est un ovale autour du-quel régnent sept rangs de loges dé-corées de sculptures, et pouvant con-tenir chacune de dix à douze person-nes, dont quatre à l’aise sur le de-vant. Il y a trente-deux loges à chaquerang.
Je vis pour la première fois cettemagnifique salleun jourde grande fête;je ne puis rendre l’effet que produisitsur moi cette quantité de lumières,cette architecture, ces loges que fai-saient ressortir des milliers de bougies,c’est quelque chose de ravissant, im-possible à dépeindre. Il semble quetous les sens ont passé dans celui de lavue : spectacle, décorations, tout estéclipsé. On pourrait comparer SanCarlo , un jourde grande illumination,au temple du Soleil ; je doute que cedernier puisse être plus resplendis-sant. Ces jours-Là l’affiche du spectacleporte : Il teatro sarà illuminato a gior-no «à jour».
Cette salle, brûlée en 1817, a étéreconstruite en moins d’un an par ledirecteur Barbaja , et sur les dessinsde l’architecte cavalière Nicolini. Lesornemens sont or et argent, et lesdraperies des loges bleu de ciel fon-cé. La loge du roi placée au-dessus dela porte d’entrée , est magnifique ,
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et repose sur deux palmiers d’or ; ladraperie est en feuilles de métal d’unrouge pâle. Qu’on se figure cette im-mense salle, ces femmes couvertes dediamans, les gens de la cour et les of-ficiers chamarrés d’or, le roi, les prin-ces en grande représentation, et l’onaura une faible idée de ce coup d’œil.
«Vous parcourez les corridors, ditM. de Stendhal , les litres les plus pom-peux écrits sur les portes des logesvous avertissent , en gros caractères,que vous n’êtes qu’un atome qu’uneexcellence peut anéantir. Vous entrezavec votre chapeau : un garde vouspoursuit pour vous faire apercevoir,dans cette salle immense, que tel princeque vous n’avez pas aperçu assiste àla représentation; la présence du roifait un sacrilège de vos applaudisse-mens. Vive Paris pour cela, on y estinconnu, et la cour n’y forme, quandelle est au spectacle, qu’un épisode in-téressant. »
La scène est immense et admirablepour les ballets ; un escadron de qua-rante-huit chevaux y manœuvre avectoute l’aisance possible ; je les ai vuscharger au grand galop jusque sur larampe de la salle.
Le numérotage des billets de par-terre , selon l’usage suivi aussi en Alle-magne , et que l’on devrait adopter àParis , fait qu’on peut huit jours à l’a-vance retenir son billet, et qu’on n’estpas obligé de faire queue deux ou troisheures.
Désirant que ma visite au tombeaude Virgile eût lieu à une heure où au-cun profane ne pourrait distraire lareligion de ma pensée, je partis à lafin d’une des plus belles soirées d’au-tomne; la lune s’élevait majestueuse,elle seule devait éclairer ma mystiqueexcursion : belle, resplendissante, ellerefoulait les ténèbres et se montrait à