Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
240
JPEG-Download
 

2 4 o L’ITALIE .

sou midi. Rien ne contrastait avec sesrayons purs et brillnns, hors les feuxdu Vésuve ..., comme elle, splendidemystère de la création.

Tout, en ce moment, favorisait làplus séduisante illusion; rien ne merappelait au présent, èt je me croyaistransporté au siècle où le divin poèteque je venais saluer dans son derrîierasile, enfantait les brillantes fictionsqui devaient l’immortaliser.

Un sentier couvert dé roncës et'd’é-pines est l’avenue de ce trésor, quis’élève au-dessus de la grotte de Paü-silippe (PL 92) ; j’écartai les myrthes, .les longues guirlandes de lierre et declématite, seule parure qui-décoré lafroide pierre (l). Charme dé ton grand

(1) Comme plusieurs voyageurs qui m’avaientprécédé, je cherchai le célèbre laurier, et. 11e letrouvai pas : la seule plante qui me parut mé-riter l'honneur d’être cueillie en Éhonneur déVirgile , fut une chelidoirie, car les-guirlandesdont parle M. de la Chavanne .ne prennentpoint naissance sur le monument, -une fouled’autres plantes croissent sur sa partie supérieu-re , et le minent insensiblement, sans qu’au-cune âme bienveillante cherche à le sauver de saruine.

L’espace ne me permet pas de discuter sur laquestion de savoir si les cendres du grand poèteont réellement reposé dans-ce monument. Je mfefais fort de l’autorité de Denon, de Swinburneet d’autres auteurs pour y croire religieusement,et j’aime à me rappeler que si on n’a pu donnerde preuves irrécusables qu’il ait été le dépôt deses cendres sacrées, rien aussi ne prouve le con-traire. Dans le quatorzième siècle, l’urne qui adû les contenir a été ravie au respect des gé-nérations ; c’était pour la mettre en sûreté , dit-on, et cependant elle n’a pas été retrouvée, tellesrecherches que l’on ait faites.

Le savant et véridique Valéry nous rappelleque Pétrarque fut conduit au tombeau dé Vir-gile par le roi Robert? et qu’il y planta le lau-rier renouvelé, mais infructueusement;, de nosjours, par un autrepoëte (Casimir Delavigne ):ce fut, .dit-il, à l’aspect de ce monument queBoccace sentit se décider en lui là "passion deslettres, et qu’il renonça pour toujours à son né-goce. « Le tombeau de Virgile malgré l'incer-titude de son origine, paraît toujours vénérablepar la multitude* grafids hommes qui l’ont

nom, ô Virgile , combien tu embellis-sais tout ce qui s’offrait à mes yeux!Jè voyais à mes pieds là superbe Par-thenopie et la mer de Misène , et cegrandiose spectacle me retraçait toutela pôésie de tes enivres... Cette tombe,la douceur de l’atmosphère, l’air purque je respirais, me firent écrier avecle poète moderne :

N^poli! o sede degli Dei! quai terraPiù féconda di te! quai cielo più puvo?

Quai più limpido mar P son lunghi e belli. I.giorni tuoi tranquille notti e breviVaga .luna d’argento a te risebiara,

Che al canto invita e alla pietâ. I tuoi verniSon d J oltramontè àpril, l’april tuo vero

- Al tri-non ha. :..

. , (Stefano , duca di Napoliy

Tragedr del March. di Casanova.)

Napleslséjourdesdipux^erre heureuse et féconde!Peut-on trouver ailleurs l’éclat de tes beaux jours,La douceur dé tes nuits, le calme de ton onde PL’astre mystérieux qui préside aux amours,

Sous ton ciel brillant d'or, slous sa vague lumière,Fait rêver la pensée, invite à la prière.

Tes hivers , que jamais n’ont glacés les frimas,

Égalent le printemps si Vaiité dé Ta France.

Tort printemp^!... ah ! lui seul offre la jouissanceD’un air pur inconnu dans les plus doux climats.

Trad. de Caüvain.

Virgile mourut à Brindisi , dans laterre d’Otrantë , âgé de cinquante-deuxans. Il était l’ami d’Auguste , qui lepleura, et ordonna que ses cendresfussent transportées àKaples, dont ilavait affectionné le séjour.

Dans une position ravissante, sur lePausilippe , et près du tombeau deVirgile, reposent aussi les cendres deSarinazar, qui a donné à la poésie la-tine un genre didactique qu’elle nepossédait pas, les mœurs et les travauxdes pécheurs, et à qui la poésie-latinedoit de grandes beautés élégiaques. Untombeau splendide, en marbre blanc,lui a été élevé par la reconnaissance

visité ; il est comme un témoignage perpétueloffert à la mémoire et au seul nom du poète ».

■ {Noie de l'Editeur.)