<les moines servites, dans l’église deSanta Maria del Parto, construite parSannazar lui-même, sur l’emplacementde son habitation et de ses jardins.
La proximité de ce monument aveccelui de Virgile a inspiré au cardinalBembo ces vers charmans :
Da sacro cineri flores, hic ille Maroni
Sincerus musa proximus ut tumulo.
Passant, jetez ici des fleurs à pleines mains,
L’immortel Sannazar repose en cet asile ;
Il est sur le Parnasse , assis près de Virgile ,Et leurs deux tombeaux sont voisins.
On ignore pourquoi les ruines d’untemple de la Fortune, situées à l’extré-mité du promontoire de Pausilippe ,portent le nom d 'Ecoles de Virgile ,« Scoglii di Virgilio ».
Après avoir descendu la riante col-line du Pausilippe , on se trouve surla plage si attrayante de Mergellina,où s’élève une ruine moderne à la-quelle on a donné le nom de Palaisde la reine Jeanne (PL 91 ). Ce palais,assez considérable, et qui ne fut jamaisachevé, est baigné par la mer; et quoi-que l’on m’y ai t montré la chambre oùavaient lieu les orgies, et celle d’oùon prétend que l’on précipitait les mal-heureux qui avaient servi, comme no-tre tour de Nesle, aux plaisirs delànuit, il n’en est pas moins vrai que legenre de son architecture prouve à l'é-vidence qu’il n’a aucun rapport avecle siècle de l’une ou de l’autre JeannedeNaples. Sa construction a commencéà la fin du seizième siècle, par ordrede Dogn’Anna, princesse de la maisonde Caraffa ; terminé, il eût été un desbeaux palais de Naples .
«La Villa Reale (1) (PI. 91), bor-
(1) Nous empruntons à M. Valéry ce passage,pour avoir occasion de citer un ouvrage remar-quable, le plus complet et le plus nouveau quel’on possède sur l’Italie , et qui a laissé bien loinderrière lui l’ouvrage de De Lalande, excellentaussi pour son temps. Nous nous plaisons ici à
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dée par la mer, avec ses vases, scsfontaines , ses allées d’acacias , sesbosquets de mjœtcs et d’orangers, sontemple circulaire de marbre blanc, savue admirable, est peut-être la plusdélicieuse des promenades publiques.Son premier ornement de l’art était en1826 le groupe célèbre du TaureauFarnèse, placé au milieu d’un vastebassin, ainsi que l’avait projeté Michel-Ange , chef-d’œuvre antique, alors tropexposé aux injures de l’air, à l’humi-dité causée par le voisinage des flots,et qui a été fort sagement transportéaux Studj. Ce jardin n'est ouvert aupeuple, aux hommes de la campagneet aux gens en livrée, qu’une fois l’an,le 8 septembre, jour de la fête de SantaMaria, di Piè-di- Gratta. J’y assistai en1826 : le coup d’œil qu’ollrait la villaReale était ravissant; les filles des en-virons, parées de leurs costumes na-tionaux, les cheveux retenus par desépingles d’argent, enveloppés de voilesélégans qui retombaient sur leurs casa-quins brochés d’or et de couleur écla-tante, s’y étaient rendues en foule :telle était jadis, pour elles, l’impor-tance de cette fête, qui nç remontetoutefois qu’à la fin du seizième siècle,quelles stipulaient en se mariant ,comme une des clauses du contrat,que leurs époux devaient les y con-duire chaque année. Le bonnet phry-gien, les visages basanés des hommeschargés de fruits réunis en guirlandes,ou suspendus à "de longs roseaux,étaient aussi fort pittoresques. Le roi
rendre justice à l'exactitude de ses renscignc-niens, que nous avons été à meme de vérifiermille fois, et que nous n’avons jamais trouvésen défaut. Le voyage historique et littéraire de]M. Valéry a souvent servi aux auteurs de notreItalie , comme il devra servir à tout voyageur,ou à tout lecteur, qui voudra connaître une foulede détails dans lesquels le cadre que nous ayonsadopté ne nous permet pas d’entrer.
( Note de 1Kditcur. )
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