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se rendit en grand cortège à l’église dela Madone : ce cortège ressemblait as-sez à celui de France ; seulement, clia-cjue prince était dans une voiture sé-parée. Les cochers, ainsi que les valetsde pied, étaient découverts et avaientd’énormes perruques poudrées, commecelles de présidens à mortier, dont lagravité contrastait d’une manière co-mique avec les physionomies de ceuxqui les portaient. Ces incroyables per-ruques sont un reste de l’étiquetteespagnole. Je ne pouvais m’empêcherde penser à la gaieté du peuple de Paris ,si jamais il eût aperçu d’aussi étrangesfigures. »
La fête de Piè-di-Grotta est, commetoutes celles du pays., une fête reli-gieuse, et la plus belle procession deNaples en fait le principal ornement.
Chaque pays, chaque province a saphysionomie, son caractère, sa joie.Ne cherchons pas ici cette danse ani-mée de nos cantons dans les fêtes pa-tronales , tout ce peuple s’agitant à lafois, au son d’un violon que râcle unménétrier monté sur un tonneau, cesjoies de cabarets , et le soir cette guin-guette si .palpitante de gaieté. En Ita-lie , des cérémonies religieuses, desprocessions, remplissent ces journées ;et si, vers le déclin du jour, on penseaies terminer par la danse, le tambourde basque seul donne le signal, et deuxdanseurs y répondent alternativement.
En suivant le quai, on arrive bien-tôt au fort appelé le Château del’OEufj bâti sur un-rocher, au milieude la mer, et où l’on croit que Lucullusavait une maison de campagne ; unpont de deux cent vingt pas de lon-gueur le joint à la Terre Ferme. Sonplan est un ovoïde alongé. C’est làque l’empereur Augustule fut relé-gué par Odoacre . Le Château del’OEuf commande le golfe de Naples et
le partage en deux parties. On le dis-tingue vers la droite sur la planche 28,et du côté opposé sur la planche 87.Ces deux gravures représentent lesdeux parties du golfe et de l’amphi-théâtre que forme la ville.
Voici l'hiver et son cortège : le ciela ouvert ses cataractes; déjà des ava-lanches d’eau se précipitent des mon-tagnes , et envahissant les rues infé-rieures de la ville, les rendent impra-ticables aux piétons. Mes promenadess’en ressentent, elles ne sont plus querares et saccadées. Je prends mes notesà la hâte, et c’est dans ma chambreque je les mets en ordre, au bruit duvent impétueux qui gronde, et de lapluie épaisse qui clapote contre mesvitres, barrière trop souvent impuis-sante contre ses efforts incessans. J’aihâte de quitter Naples , et je vais visi-ter les monumens et les lieux qui merestent à décrire.
Sur une petite place est un obélisqueoù Cosmo Fanga s’est, dit-on, surpassépar la bizarrerie de sa composition.De Lalande compare avec justesse cemonument, appelé Aguglia di SanGennaro , à un pied d’ancien chande-lier d eglise, tant les ornemens en sontde mauvais goût. Au sommet est lastatue en bronze de saint Janvier , re-gardé par les Napolitains comme undieu tutélaire.
Le 17 septembre, jour de la fête, etles deux jours suivans, cette place,décorée comme un théâtre, est illumi-née, ainsi que l’obélisque, et des mu-siciens y viennent exécuter un concert,qui dure depuis le point du jour jus-qu’à minuit.
L’église dédiée à saint Janvier est lacathédrale de Naples . Dans les tempsprimitifs, les chrétiens, triomphantaprès tant d’années de persécution, etsecouant le joug, se vengèrent de leurs