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perles et de rubis. La foule encombrele parvis de l’église ; le prêtre prenddans ses mains le reliquaire, l’appuiesur sa poitrine en récitant des prières(PI. 93). Le sang, sans changer decouleur, doit devenir liquide. Si lemiracle s’opère, si le sang enfermé dansles lioles se liquéfie sans trop Se faireattendre, les transports de là multituden’ont plus de frein ; de tous côtéspartent les actions de'gi’âces et les bé-nédictions ; mais que le miracle tarde,l’impatience commence à se manifester,l’orage gronde, bientôt il éclate. Lesfemmes commencent , et, s’adressantau saint à Haute voix , elles le pressent,le conjurent ; les unes se jettent; à platventre, et fondent en larmes , d’autresfont l’examen de leur conscience, s’ac-cusent à Haute voix , et attribuent àleurs péchés l’inefficacité des prièresdes autres. Vient le moment où l’im-patience dégénère en fureur , c’est unevéritable rage :.plus de prières / plusde vœux ; perdant à la fois tout res-pect , cette foule prodigue les plusgrandes injures au saint qu’une heureauparavant elle implorait et aux piedsduquel bientôt on la verra repentante.Le mot faccia gialluta , visage jau-nâtre , injure la plus grande que leNapolitain puisse dire à son ennemi,se fait entendre, et il serait difficile deprévoir où s’arrêtera cette fureur.
1 Dans ce moment, malheur à celuiqui, soupçonné d’hérésie, ou qui, parun maintien peu décent, se ferait re-marquer , on lui attribuerait la colèredu saint. C’est, au rapport de Saint-Non, ce que craignit un'consul anglais .Le miracle se faisant attendre, déjà lesyeux de la populace commençaient à seporter sur lui; sagement il se dérobaau danger, et le miracle eut lieu.
L’église de San Gennaro dei Poue-ri (autre que la cathédrale dont nous
avons parlé pageSj) forme la principaleentrée des catacombes ( PL gi), espècede ville à trois étapes, creusée souterrai-nement dans la montagne, et dont lestues et les places sont bordées detombeaux ; on n’en approche qu’avecune sorte de frayeur , et l’on frissonneen plongeant dans sa profonde obscu-rité, que l’œil ne perce que faiblement,à l’aide des torches dont on se munitpoùr la parcourir et rie pas s’égarer.Le guide a la précaution de vous aver-tir de ne point laisser éteindre votreflambeau, et cette voix,- qui retentitsous ces voûtes lugubres, augmenteencore beffroi dont vous êtes saisi.
JRien ne peut donner une idée de celugubre séjour. Sur les côtés de sesrues sont pratiquées une quantité pro-digieuse de cavités de diverses gran-deurs et percées horizontalement ; quel-quefois il y en a cinq ou six les unes au-dessus des autres, et, souvent, plu-sieurs sontlarges comme des chambres.On y a vu des inscriptions grecques oulatines, mais tendant chaque jour às'effacer, soit par le temps, soit parl’humidité. La plupart dè ces cellulesétaient fermées par de grosses pierresdont on s’est servi pour paver l’églisede San Gennaro dei Poveri.
Ces corridors de dix-huit pieds dehaut sont d’une largeur inégale ; on n’apu ni les compter, ni en mesurer lalongueur; ils s’étendent, dit-on, jus-qu’à Pouzzoles d’une part, et j usqu’aumont Lautrec de l’autre ; mais la diffi-culté de s’assurer de la véracité deces assertions est cause qu’il faut s’entenir aux conjectures , d’autant que•l’éb'oulement. des terres permet toutau plus de faire quelques' pas dans lagalerie inférieure; celles supérieuressont un peu praticables, cependantil serait dangereux de s’y aventurer.
; Diverses opinions ont été émises sur