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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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NAPLES . ?-43

tyrans en renversant leurs temples : surleurs décombres ils construisirent deséglises, et des colonnes furent groupéespêle-mêle dans ces premiers monumensélevés parla piété ignorante. On y plaçace qu’on arrachait au culte des fauxdieux, et c’est ainsi que s’explique lemélange bizarre de sacré et de profaneque l’on remarque dans beaucoup d’é-glises en Italie .

J’ai eu, dans ce voyage, occasion d’ensignaler de nombreux exemples; ici s’enprésentent de nouveaux : le temple deMercure est devenu l’église des Apô-tres, celui de Castor et Pollux a étéconsacré à saint Pierre et à saint Paul;sur le tombeau de Parthenope s’élèvel’église de Saint-Jean, et le templed’Apollon est changé en une cathé-drale gothique sous l’invocation desaint Janvier, « san Gennaro ». L’é-difice moderne , dû à la maison d’An-jou-, date de 1280. Le Posani en fit lesdessins, et la dévotion du peuple sup-pléa aux frais. Ebranlé par le trem-blement de terre de 1485, Alphonse I er .le fit restaurer, et le cardinal HenriMinutolo, qui fit construire la porteprincipale, l’orna de deux colonnes deporphyre provenant des temples duSoleil et de Neptune.

L’étrlise renferme cent dix colonnes

D

de granit ou de marbre d’Afrique , etquantité de peintures des premiersmaîtres de Naples . Dansla nef est unvase antique de basalte, à pied deporphyre, représentant une baccha-nale.

La chapelle souterraine, appeléeSoccorpo, dans laquelle on descendpar un double escalier, est revêtueen marbre blanc et soutenue par lescolonnes ioniques en marbre du tem-ple d’Apollon ; c’est là que sont dépo-sés les restes du saint martyr.

Outre plusieurs tombeaux de princes

et de papes, on voit celui d’André deHongrie, mari de Jeanne I re .

La partie la plus belle de l’éeliseest le trésor, ou chapelle de saint Jan-vier , élevée par suite du vœu de laville, après la peste de i5a6. Cettechapelle est ronde, et sa voûte est sup-portée par quarante-deux colonnes debroca telle où marbre de Sicile ; le pavéest en marbre; elle est décorée de ni-ches contenant des statues. Sa richesseest prodigieuse , car, ainsi que les Ro-mains apportaient leur luxe dans leursédifices, les Italiens s’ajipauvrissentpour leurs églises et leurs saints (1).Au moins celui-ci n’est pas ingrat, etdeux fois par an il manifeste sa recon-naissance par la liquéfaction de sonsang.

Sur un des' côtés de la chapelle ,derrière l’autel, dans une niche ferméepar une porte d’argent surchargée dediamans et de pierres précieuses, etgarnie d’un quadruple cristal, est unreliquaire dans lequel sont renferméesdeux ampoules ou fioles de verre quicontiennent du sang de saint Janvieren état de congélation. L’archevêqueet les députés de la ville seuls en ontles clefs.

Le jour où le miracle doit avoirlieu,le reliquaire est tiré de la niche et ex-posé à la vue des fidèles. De l’autrecôté est un buste en vermeil de gran-deur naturelle , dont la tête renfermecelle du saint évêque. Ce buste estparé des ornemens les plus riches etde la mitre épiscopale, éclatans de

(1) Outre le buste de saint Janvier en argent,le trésor renferme trente-six autres bustes enargent, de grandeur naturelle. Le tabernacle etune quantité de vases et de chandeliers sontaussi en argent, et la valeur de ces objets, quiont traversé toutes les révolutions, est immense.C’est dans les processions que l’on met en montretout ce qui fait partie du trésor.

{Note de l'Éditeur.)