l’usage (le ces souterrains ; celle quitend à faire croire qu’ils auraient étécreusés parles premiers chrétiens pouréchapper à leurs bourreaux, est lamoins vraisemblable ; comment pen-ser que, peu nombreux dans leur ori-gine , et tous pauvres pour la plupart,ils eussent pu entreprendre des tra-vaux aussi considérables, et les conti-nuer secrètement sans que l’autoritéles eût contrariés? Un écrivain distin-gué, Alexis Pellicia, leur assigne unbut de communication secrète d’uneville à l’autre. Quelle que soit la versionadoptée, il est probable que dans lestemps de persécutions les chrétienss’y retirèrent et même y enterrèrentleurs morts , car les cavités horizonta-les dont j’ai parlé ont évidemment étédestinées à cet usage, tant les mesuresen sont variées. On en aperçoit pourtous les différens âges. Il est donc na-turel de penser que , bien avant l’éta-blissement de la religion chrétienne ,le besoin de matériaux nécessaires à laconstruction des villes a été l’originede ces immenses excavations, sem-blables à celles qui, pratiquées suc-cessivement autour et au-dessous deParis , se trouvent aujourd’hui soute-nir sur leurs voûtes surchargées uneportion des édifices innombrables quien sont sortis.
Une odeur cadavéreuse infecte l’air.Ces exhalaisons méphytiques, et lafumée des flambeaux résineux dont onest armé, rendent la respiration diffi-cile ; on se sent pressé de revoir lesoleil et de se retrouver avec les hom-mes , car ceux qui vous accompagnent,vus à la rougeâtre clarté des torches ,ressemblent plutôt à des ombres er-rantes.
Naples possédait autrefois cent huitcouvens d’hommes , trente-neuf defemmes, et cent soixante-sept églises,
N.
245
sans compter une infinité de’chapelles.La révolution, en supprimant les cou-vens à l’exception des ordres mendians,a nécessairement restreint ce nombre;qu’on se figure cependant la fouled’ecclésiastiques nécessaires pour des-servir tant d’églises.
Quoiqu’en général fort belles au-de-dans, aucune n’offre un beau portail.Le plus riche et le plus régulier de tousest celui de S. Filippo Neri .
Fondée en i586 sur les dessins deDenis Barthélemi, cette église a unportail en marbre blanc, avec des or-nemens saillans de marbre de couleur.Elle est divisée en trois nefs (PL g4 )•Celle du milieu est soutenue par douzecolonnes de granit d’un seul morceau,avec leurs chapiteaux de marbre deCarrare . Ce temple est orné de beau-coup de dorures, et renferme sept cha-pelles en marbre, dont l’une a dix co-lonnes et dix grandes statues. Cellede saint Philippe, qui ressemble à unepetite église, est également ornée dedix colonnes en marbre jaune, et detableaux. Les voûtes de l’église sontrevêtues de stuc, avec des fresques ;un très-grand tableau, peint par LucaGiordano , représente Jésus chassantles vendeurs du temple : c’est le chef-d’œuvre de ce peintre napolitain .
MUSÉE BE NAPLES.
(Article communiqué par M. D.-D. Farjasse. )
Les découvertes de Pompeï , d’Her-culanum et de Stabia influèrent cer-tainement plus sur les progrès de l’ar-chéologie que les immenses travauxdes Montfaucon, des Caylus , et tousles mémoires de l’académie des in-scriptions et belles-lettres . Canl il estvrai qu’une observation matérielle est