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plus puissante pour nous éclairer quetoutes les théories du plus laborieuxspéculateur : un seul fait peut prouvermon assertion.
Presque au centre du Forum Roma-num, en face la basilique d’Æmilia,à Rome , s’élève une colonne isolée.De savans antiquaires virent dans cemonostyle les restes d’un temple deJupiter Custos-, d’autres les vestiges dupont de Caligula . Une vive polémiques’engage, les citations pro et contra segroupent; puis les systèmes de s’éleveravec autant de solidité les uns que lesautres. Vient un maçon, quelquescoups de sa pioche découvrent le pié-destal et renversent toutes ces bellesthéories, construites à grands frais dedoctrine et d’imagination.
Cedant calami marræ.
Le temple, le pont, ne sont plusqu’une unique colonne élevée au sep-tième siècle à l’empereur Pbocas, parun exarque d’Italie .
Qu’on juge d’après cela de l’impor-tance des fouilles faites au pied duVésuve , où trois villes furent exhu-mées et nous apparurent « comme aujour de leur mort, pompeusement pa-rées. »
Là, et là seulement, nous pûmesobserver le Romain dans toutes les oc-cupations de sa vie publique ou pri-vée , même les plus secrètes, le suivreau théâtre, au stade, au bain et auprétoire, dans les boutiques, les hô-telleries, à sa maison des champs,s’asseoir au triclinium , parcourir le gy-nécée et les réduits les plus cachés dulupanar. Jusqu’à la découverte dePompeï , une foule de passages desauteurs de l’antiquité n’avaient pu êtreexpliqués^d’une manière satisfaisante.Ap rès les révolutions des empires etla disparition totale des peuples, que
peut en effet la glose d’un scoliastepour rendre compte d’un usage perdudepuis des milliers d’années ? Eh bien,souvent il suffira de retrouver uneinscription, une peinture du temps,ou même le plus simple ustensile pourfaire évanouir la difficulté. Qu’il mesoit permis de supposer pour exemple,qu’aujourd’hui ou demain les feux d’unvolcan caché dans les entrailles deMontmartre s’entr’ouvrent un passage:la lave s’échappe en torrens enflam-més, les cendres s’amoncellent, Paris n’existe plus que dans le souvenir deshommes. Deux mille ans s’écoulent,de nouveaux peuples, de nouveauxusages, des langues, des croyancesnouvelles se succèdent, et la malheu-reuse cité, dont la place même étaitinconnue, reparaît à la lumière. Quel-ques livres échappés à la destructiondeviennent l’objet des études des sco-liastes. Dites-moi, dans ces circon-stances , qui pourrait mieux expliquerce vers d’un de nos poètes :
Sur les coussins poudreux d'un char numéroté?
Serait-ce la glose ou le tableau deDecamp que le temps aurait épargné,représentant un fiacre guidé par sonAutomédon?Or, voilà un des moindresavantages que les lettres ont retirés dela découverte des villes au pied duVésuve . Quant au bénéfice que lesfouilles ont produit pour les arts dudessin, il suffit, pour le comprendre, dejeter un coup d’œil autour de soi. Cesvases, ces flambeaux, ces peintures,ces lampes qui décorent à la fois lecafé, le salon du riche, la boutiquedu marchand, le boudoir des belles etle palais du prince, sont autant derépétitions plus ou moins heureusesdes meubles et des décors élégans desvilles de la Campanie . Mais ces objetsprécieux, enfouis dans la terre comme