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heur, toutes les concessions qu’il fai-sait augmentaient, au lieu d’étouffer,le feu de la rébellion. Il fut sommé delivrer les forteresses de Naples au peu-ple ; sur son refus, on se disposa à lesattaquer.
Cependant la cour d’Espagne avaitété informée de l’insurrection du peu-plenapolitain ; et pour le faire rentrerdans le devoir, elle s’était hâtée d’en-voyer le jeune D. Juan d’Autriche , âgéde dix-huit ans, à la tête d’une arméenavale, et lui avait donné des pouvoirstrès-étendus.
Ce prince arriva, le i cr . octobre,dans le golfe de Naples , et déploya, lelong de la plage de Sainte-Lucie , auxyeux de toute la ville, sa nombreuse etimposante flotte. On l’avait flatté bienfaussement que sa seule présence suffi-rait pour ramener l’ordre et la soumis-sion. Le peuple ne parut point in timide.Le prince fit débarquer ses troupes quiallèrent occuper les postes les plus éle-vés. De là on lit sur la ville un feucontinuel, qui détruisait des maisons,des palais, des églises, mais faisait très-peu de mal aux insurgés. Les forcesespagnoles n’étaient pas assez considé-rables pour qu’on pût raisonnablementespérer de réduire une ville dont l’im-mense population était tout armée.Ce fut sous le canon même des Espa-gnols , que, renversant les armes duroi, Naples se proclama république .-elle avait alors pour chef un autreMasaniello , mais bien plus adroit etplus fourbe que son prédécesseur : c’é-tait Gennaro Annese , qui avait étéélevédans la profession des armes (deshistoriens disent que c’était un simplearmurier).
Jusqu’alors les Français n’avaientpoint figuré dans cette rébellion. Leurrôle va commencer. Tant que Masa-niello vécut, le peuple paraissait avoir
une telle horreur des étrangers , que laseule proposi tion d’appeler les Fran-çais à Naples eûL été dangereuse: etcependant il était bien prouvé qu’a-vec leur secours, il eût été facile dechasser à jamais les Espagnols duroyaume. Mais les circonstances avaientchangé ; on commençait à sentir le be-soin de terminer cette longue lutte.D’adroits émissaires répandaient dansle peuple que la France était très-disposée à prendre part à l’insurrec-tion ; ils parlaient de la bravoure, del’affabilité d e Henri de Lorraine , ducde Guise , qui était en ce moment àRome ; on le représentait comme très-propre à diriger et affermir la nouvellerépublique.
Le duc deGuise, instruit de tout cequi se passait à Naples , yparut bientôt,et fut reçu au milieu des acclamationsdetout un peuple, qui voyaitenlui unprotecteur de sa liberté naissante, etun rival bien supérieur en réputationet en talens au trop jeune D. Juand’Autriche . Son premier soin fut dechercher à rétablir l’ordre dans cettepopulace effrénée à laquelle il devaitcommander, et qu’il ne considéra pointsans quelque terreur.
En se rendant à Naples , le duc deGuise avait tout autre projet que d’al-fermir le gouvernement républicain ; cen’était point pour les intérêts de laFrance qu’il se proposait de combattre,bien qu’il eût concerté son entrepriseavec les ministres français , et qu’ilslui eussent promis de la seconder.Mais comme descendant de René d’An-jou par les femmes, il se croyait desdroits au trône de Naples , et se pro-mettait bien de les faire valoir dansl’occasion.
Le successeur de Masaniello, Gen-naro Annese , soit qu’il reconnût lessecrets desseins du duc deGuise, soit