qu’il ne vît pas sans peine l’autoritédont le peuple l’avait revêtu passeren d’autres mains, non-seulement fai-sait échouer les opérations militairesde son rival, mais cherchait à le ren-dre suspect et odieux aux républicains :il tenta même de le faire assassiner.L’orgueilleux petit-fils du héros de laligue en France , qui ne souffrait pas,avec moins d’impatience et d’indigna-tion , qu’un tribun, un vil plébéienosâtlui disputer la puissance, cherchaità s’en débarrasser, par des moyenstout aussi condamnables. Les insurgésse divisaient entre ces deux chefs. Untroisième parti se forma parmi eux , etce fut par les menées du ministre fran-çais à Rome . Ce dernier parti n’avaitpour but que de chasser les Espagnols ,et de donner le trône à un roi fran-çais : c’était le moins considérable;mais il était presque entièrement com-posé de barons attachés depuis long-temps à la maison de France.
Par l’effet de ces divisions, les Es-pagnols , quoique très-faibles, se main-tenaient dans la possession des forts etdes châteaux. On se livrait, de part etd’autre , de petits combats journaliers,qui n’avaient aucun résultat im portant.
Les Espagnols jugèrent que le mo-ment était favorable pour tenter desnégociations; ils firent proclamer unédit du roi Philippe, qui accordaitune entière amnistie à toutes les per-sonnes qui avaient pris part à l’insur-rection. Mais le nom du duc d’Arcos ,qui se lisait sur ces édits et proclama-tions, empêchait les insurgés d’y don-ner aucune confiance. On sentit lanécessité d’éloigner un vice-roi aussiodieux au peuple ; il partit, et D. Juand’Autriche resta seul chargé du gou-vernement. Il continua , mais sansbeaucoup de succès , du moins auprèsdes partisans du duc de Guise, la voie
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des négociations. Annese, toujoursenvieux et perfide, se prêtait plusfacilement aux propositions qui luiétaient secrètement faites, et cepen-dant n’osait ou ne voulait pas mettrebas les armes.
La cour d’Espagne parut désapprou-ver que le duc d’Arcos eût quitté sonposte sans son autorisation , et remisle pouvoir à un prince à peine ado-lescent : elle se hâta de donner ordreau comte d ’Onnalte, qui était alorsambassadeur à Rome , de passer àNaples en qualité de vice-roi. C’étaità lui qu’il était réservé de terminer larévolution de Naples .
En vain le duc de Guise avait tenté,en divers petits combats, de s’emparerdes forts et postes occupés par les Es-pagnols ; ses troupes, mal disciplinées,plus habituées à piller qu’à combattre,avaient éprouvé des échecs : il sentitle danger de sa position ; et, en effet,elle était d’autant plus fâcheuse, quele comte d’Onnatte , à peine arrivé ,avait distribué de l’argent aux troupesespagnoles, et ranimé leur courage.
Ayant appris que ce vice-roi faisaitrétablir les forts du port de Baïa , etde l’île de Nisida, dans la craintequ’une flotte française ne s’approchâtdes côtes, le duc de Guise sortit deNaples avec un détachement de sestroupes pour s’opposer à ces travaux.Cette absence lui fut fatale. Le vice-roi, D. Juan, et le cardinal Filoma-rino , qui n’avait jamais cessé de pren-dre tous les moyens qu’il jugeait lesplus propres à rétablir le calme, sor-tirent la nuit des châteaux à la tête destroupes espagnoles : ils avaient desintelligences avec la plupart des in-surgés , des postes importans leur fu-rent livrés sans qu’il fût besoin decombattre. Bientôt les mots de paix,de réconciliation , furent prononcés de