faisant des vœux pour qu’une bonnelégislation , une sage police anéantis-sent un jour la plus choquante et laplus étrange anomalie.
Assise aux pieds des monts Cécubes,dont le vin n’était pas moins célèbreaux yeux d’Horace que le Massique etle Falerne, et frontière du royaumede Naples , l’antique Funcla est citéepar tout ce que l’antiquité compte deplus illustre parmi ses géographes etses historiens. République des Auso-nes, peuple aborigène qui donna sonnom à la plus belle contrée de la pé-ninsule italique, elle brilla long-tempsindépendante et fut tellement consi-dérée par les Romains que, malgré larébellion de Priverne, sa voisine, àlaquelle elle participa, ses citoyensobtinrent le droit de suffrage dans Rome même : faveur qu’elle dut à l’éloquencede Caïus Valerius Flaccus, qui les fitcomprendre dans la tribu émilienne ;mais déchue de sa gloire sous Auguste,son territoire devint, après les guerresciviles , le partage , comme tant d’au-tres, des vétérans. La voie Appiennela traverse tout entière, et c’est dansses murs qu’Horace, passant pour serendre à Brindes , vit le vaniteux pré-teur Aufidius Luscus , venir au-de-vant de lui et de Mécène, revêtu dela prétexte et précédé de valets portantdes encensoirs. Les ruines d’un temple
à Mercure, et d’un autre érigé auxMuses, sont les restes de la grandeurde Fondi, joints aux hautes tours deson château, qui sont de la plus nobleconstruction gothique. Un lac, auxeaux noires comme celles du Cocyte ,achève ce tableau, dans lequel contras-tent des champs couverts d’oliviers, d’o-rangers et de tous les genres de cactus.
Qui croirait, dis-je à mes amis, queles souvenirs les plus barbares dumoyen âge se groupent ici à ceux desAusones et des Arunces dont nous fou-lons les héroïques cendres? Hariadan,surnommé Barberousse, féroce bassahdu Grand- Turc, assiégea Fondi, pours’emparer de Julie de Gonzague, jeunecomtesse dont le nom révèle la no-blesse, fameuse au i4°- siècle. Cebarbare voulait en faire présenta SaHautesse. Julie était belle et sensible,et le ciel ne permit pas ce rapt in-fâme. Quoique surprise dans la nuit etlorsqu’elle confiait au dieu discret dessonges les rêves de sa jeune et bellevie, elle s’éveilla au bruit de la rumeurpublique, saula à bas de son lit, etpar une fenêtre elle parvint à échap-per aux farouches ravisseurs qui vou-laient en faire une odalisque. Le cielprotège la beauté, dis-je en m’adres-sant à Elise qui m’écoutait avec effroi,surtout quand aux grâces elle jointl’innocence !