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de Calais, l’Irlande à deux cents deT Angleterre, et la Sicile à cinq centsde l’Italie . 11 semblerait qu’au premierjour où le Créateur a dit : Ici soit laterre,là l’océan, les îles fussent res-tées comm£ # des exceptions.
La Sicile , surtout, est un exemplebien remarquable delà brusque tran-sition qu’offrent les terres séparéesdes continens. Ses volcans, ses beau-tés naturelles, ses restes d’antiquité jses monumens modernes, tout y estexorbitant rien de ce que l’on voitailleurs ne peut être comparé aux mer-veilles qu’elle renferme. Avant de dé-rouler le tableau de cette intéressantecontrée, je pense qu’il est à propos desuivre la marche que l’on a choisie encommençant la description de l’Italie ,de donner quelques notions géogra-phiques du pays. Je m’y disposais ,déjà j’avais rassemblées matériaux quim’étaient nécessaires, et je les revoyaispour me mettre à l’œuvre , lorsque jedécouvris, au verso d’une carte de Si-cile , gravée au 1 5 e . siècle et fort rareaujourd’hui, la notice que je vaisdonner. La grâce première de notrevieille langue m’a séduit, et, trouvanten outre de l’exactitude dans cettedescription , j’ai jugé convenable de lareproduire, persuadé que le lecteur mesaura gré de ce petit morceau où lanaïveté de la diction fait passer avec'soi la sécheresse de la matière.
PROSPECT DÉ L’iSLE DE SICILE.
L’isle de Sicile, Sicilia aux Latins ,Sicelia aux Grecs, est la plus renom-mée de toutes les isles de la Méditer-ranée. Par Thucydide s’appelle Sica-nie, de Sicanus, lequel, à l’advis deSolin et de Capelle, s’y vint accommo-der avec une troupe d'Ibères avant laguerre de Troye. Par autres, notam-
ment par les pœtes, Trinacria, pourses caps ou promontoires. Ovide , li-vre IV des Fastes :
Terre, qui par trois promontoires,
S’encourt loin dans la vaste mer,
Eipar sa situation,
Trinacrie s’est fait nommer.
Elle a aussi été appelée triangulaire,de sa figure ; car s’estendant sur diversquartiers par ses trois caps en mer,elle représente la forme du Delta grec.Or ces trois caps sont Pélore, Pachy-num et Lilybée. Pélore à Ptol, main-tenant Capo délia torre del faro, àLaurent Ananien délia Martella : il estau nord et regarde l’Italie vis-à-vis deScylle , il a son nom de Pélore admiraide l’armée navale punique, y tué etenseveli par Hannibal . Pachynum àP toi ; Capo Passero, à Fazelle et Are-tius. Il regarde le Péloponèse de la ré-gion méridionale , et est esloigné de laGrèce de cent quarante-quatre miles.Le Lilybée s’étend vers l’Afrique , CapoBoci à Fazelle et Aretius et à LeanderCapo Coco. Nazarius , au panegyric,appelé ce promontoire Sicilicnsem spé-culant, l’eschauimette de Sicile . Péloren’est esloigné de la coslo d 1 lalie que demille cent cinquante pas. Parquoy àl’advis d’aucuns
Trinacrie fut jadisUne part de l’Italie ;
Mais la mer avec ses flotsLui a tout changé son sit.
Itérée estant le vainqueur,
Tous ses limites rompit;
Coule par monts découpés,
Et ailleurs il se marie.
Et delà on appelle Rhegium Rbègede la romjiure , parce que le costé Si-cule en a été retranché de l’Italie .
Elle a pour ses bornes, du costédu nord, la mer Tyrrhène ou infé-rieure : du levant, l’Adriatique , ouhaute, et Ionique; du midi, la merd’Afrique, et du couchant celle de Sar-daigne. ,Thucydide , au sixième, dit