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gé a donné naissance à un petit archi-pel circulaire.
L’îlela plus importante est Jt'anaria,qui peut avoir de huit à neuf milles decircuit. Peu élevée au-dessus de lamer, elle est couverte d’une couche deterre composée de détritus volcaniquestrès-favorables aux oliviers qui y sontaussi beaux qu’on puisse l’imaginer.On y compte environ deux cenls ha-bitans qui s’occupent de cette culture.
Busiluzza , qui peut avoir deux mil-les de circonférence et dix toises auplus d’élévation au-dessus des flots ,offre une anse assez commode pour ledébarquement des speronnres, espècede petits bâtimens très-usités dans cesparages. Un plateau qui couronnel’île est le seul endroit où l’hommedispute aux nombreuses troupes de la-pins qui la remplissent le peu de bléet de légumes qu’on y cultive. On yvoit un reste de fabrique antique assezinsignifiant.
Bottera, Lisca nera, Lisca bianca ,sont des îlots sans importance. Ontrouve cependant sur les bords de cedernier une source de gaz hydrogènesulfureux, qui se dégage de la mer parbulles assez nombreuses. Recueilli dansune bouteille, il s’enflamme à l’appro-che d’une bougie allumée, produit unefaible détonation et brûle lentementd’ùne flamme bleuâtre. Quelques par-celles de soufre qui se précipitent aufond du vase indiquent la nature de cefluide. La température du sol d’où ils’échappe est de huit ou dix degrésplus élevée que l’air ambiant. I For-miculi «lesFourmis» sont des écueils,les uns à fleur d’eau, d’autres plus oumoins élevés.
Des Formiculi, si le temps est bon,on se rend en quelques heures à Feli-cudi , éloignée de quarante milles.Cette île, vue de la mer, oflre l’aspect
d’un amas de montagnes qui se grou-pent autour de la plus élevée, terminéepar un cratère dont les éjections ontcontribué puissamment à la formationde l’île. Le voyageur, trompé parl’étymologie de son ancien nom Phœ-nicodes , cherchera vainement les fo-rêts de palmiers qui l’ombrageaient,au dire d’Aristote . Elle ne présenteplus maintenant que des traces de feuxéteints depuis une époque très-reculée,et recouvertes en partie de terre végé-tale qui nourrit deux cents familles.On lui donne trois lieues de tour.
A douze milles de celte dernière îlese trouve Alicudi ; dénuée d anse ou deport, l’abord en est fort difficile. Riende tout ce que j’avais vu ne me parutcomparable à l’effrayant tableau qu’of-fre ce séjour de destruction. Il n’est pasde couleurs assez noires pour peindrel’horreur de ces rivages où le temps ,les vagues de la mer et les feux desvolcans se sont conjurés pour amon-celer ruines sur ruines. Triste pays quele Créateur semble avoir oublié ou plu-tôt qu’il a touché dans sa colère! C’estplus que du courage, c’est de l’abnéga-tion qu’il faut pour se décider à par-courir ces blocs de lave jetés confusé-ment comme au jour du chaos. Là pointde routes, point de chemins, pas mêmede sentiers; quelques sinuosités creu-sées par les eaux du ciel sont les seulspassages où l’homme ose s’aventureret encore
Proseguendo la solinga viaFra le schegge, e tra rocchi dello scoglio
Lo piè senza la mun non spedia.
Dante, Inf.
Suivant un solitaire et périlleux chemin.
Parmi des rocs affreux ou le pied tremble, glisse,Et n’évite le précipiceQu'avec le secours de la main.
Deux centspersonnes vivent pourtantsur ces débris ; la pêche, le produit dequelques champs échappés à la destruc-