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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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SYRACUSE .

Archias de Corintlie, un des Héra-elides, bâtit cette ville non loin desmarais de Syracos, un demi-siècle en-viron après la fondation de Rome ,sept cents ans avant notre ère. S’éten-dant peu à peu, ses murs finirent parembrasser cinq villes, et même six, encomprenant Olympicum, célèbre parle temple de Jupiter. La partie la plusancienne, le berceau de la rivale deRome et d’Atliènes, occupa d’abord lapetite île d’Ortygie, qui n’est plus au-jourd’hui que le tombeau de cette an-cienne Pentapolis, de la ville quintu-ple des anciens, renfermant dans uneenceinte de huit lieues plus de douzecent mille liabilans dont la richesseétait passée en proverbe. Tout cela,disait-on à celui qui faisait apparat deses richesses, ne vaut pas la dixièmepartie de la fortune d’un Syracusain.Cent mille hommes, dix mille chevaux,cent cinq vaisseaux, défendaient sesmurailles. Après Ortygie, séparée ducontinent par un pont, s’élevait Acra-dine,la plus riche des cinq villes; puisT,yché dominait au nord un des troisports. Néapolis, la ville neuve, etOlympicum s’étendaient sur le versantoccidental de la colline, sur les bordsde l’Anapis; et les Epipoles, placéessur le point nord le plus élevé, défen-daient leurs quatre sœurs ou plutôt lesdominaient. Trois ports étaient ou-verts à tous les vaisseaux de l’univers :le Trogyle au nord, à l’est le petit portou Portus Marmoreus, au sud le grandport, le Sicanium sinus de Virgile, vastebassin où combattirent plus de centvaisseaux. Les Syracusains étaient ex-

cessifs en tout, talens, vices et vertus.Denys l’ancien et Archimède sont lesdeux types du caractère national.

Athènes ne pouvait voir sans enviela puissance et la richesse d’une colo-nie de Corinthe ; persuadée d’ailleurspar l’éloquence d’Alcibiade et de Gor-gias, elle porta la guerre en Sicile . Ilfaut lire dans Plutarque le récit de cettedéplorable expédition. Nicias et Dé-mosthènes, qui en étaient les chefs,payèrent de leur tête l’un sa faiblesseet l’autre son avidité. Carthage ne futpas plus heureuse qu’Athènes dans uneentreprise contre Syracuse . Denys l’an-cien refoula ses cohortes barbares dansles sables brùlans de l’Afrique ; maiscomme tant d’autres chefs militaires, ilabusa de ses succès pour asservir lepeuple sous la puissance de la solda-tesque, toujours soumise à qui la con-duit à la victoire. 11 mourut après trenteans de tyrannie, 368 ans avant Jésus-Christ , laissant un fils si célèbre de-puis par sa cruauté et par sa conduitevacillante et perfide à l’égard de Platon qu’il avait attiré à sa cour. Enfin lechef de l’académie quitta la Sicile . Dion,son élève et beau-frère de Denys, ayantrassemblé en Grèce , où il était exilé,un petit corps de troupes, força le ty-ran d’abandonner Syracuse . Quand unpeuple est parvenu à un certain degréde corruption, il arrive souvent que laphilosophie, même sur le trône, échouedans ses plans de réforme. Dion se fitdes ennemis et perdit bientôt sa popu-larité. La légèreté des Syracusains of-frait en outre un avantage continuelaux sourdes intrigues de Denys, et l’an