turent pour foncier Gela quarante-cinqans après l’établissement de Syracuse .L’emplacement de la ville, qui étaitdéjà entouré de murailles avant l’ar-rivée des fondateurs, portait le nomde Lindii ; cependant la nouvelle colo-nie prit celui du fleuve qui baignaitses murailles.
A vingt milles du côté du couchant,on traverse le fleuve Salso , l’Hymèredes anciens. Il coule au pied d ’Ali-cata , petit port assez florissant entouré
de jolies maisons de campagne. A huitmilles au-delà, on rencontre P aima,gros bourg de huit cents habitans. Ils’y fait un commerce important desoufre tiré des montagnes voisines. Onremarque le costume des femmes(PL 10 5 ). Enfin on passe YAcragas etl’on découvre, sur la crête des hau-teurs, les temples d’Agrigente .
Aivful memorials, but of wliom we know not!
^ ^ Uogeb's, Italy .Blonumens solennels de peuples inconnus !
AGRICENTI.
J’ai toujours admiré l’idée sublimedes anciens de placer leurs édificessacrés sur la cime des monts, commedes médiateurs entre le ciel et la terre.
La beauté d’Agrigente a inspiré àPindare les premières strophes de sasixième pythique :
Peuple, écoutemes chants que Ialyre accompagne,Je célèbre Agrigente et sa belle campagne,Agrigente , chère à Vénus.
Les Grâces sur ses pas parcourent ces vallées,
Et souvent du sommet des voûtes étoiléesCes bords sont chantés par Phébus.
Si l’on en croit Diodore , Dédaleétant venu chercher un asile en Sicile ,Cocalus , prince carthaginois , lui fitconstruire une forteresse pour renfer-mer ses trésors. Le célèbre architectechoisit un rocher escarpé de toute part,excepté d’un seul côté qu’il fortifiaavec tant d’art que quatre hommes suf-fisaient pour en défendre le passage :ceci aurait eu lieu avant la guerre deTroie. Deux cents ans environ après lafondation de Gela , ses habitans vinrentoccuper la forteresse de Cocalus, aug-mentèrent la ville etluidonnèrentlenomd’Acragas, du fleuve qui coulait aupied.
Un territoire fertile et le voisinage dela mer en eurent bientôt fait une desvilles les plus peuplées de la Sicile .Diogène de Laerce élève sa p>opulationà huit cent mille âmes. Grands amisdes plaisirs, Empédocle disait, en par-lant de ses concitoyens, qu’ils vivaientcomme s’ils devaient mourir le lende-main, et qu’ils bâtissaient comme s’ilsdevaient vivre toujours.
L’opulence de cette ville , en éveil-lant l’avidité de Carthage , fut causede sa perte. La quatrième année dela 93 e . olympiade , Amilcar la dévastade fond en comble. Elle se releva deses ruines, mais ne parvint jamaisau "degré de splendeur qui l’avait il-lustrée. Soumise tour à tour aux Ro-mains ou aux Carthaginois, elle devintla victime des querelles du moyen âgeet n’est plus de nos jours que la pau-vre Girgenti , cadavre décharné de l’é-mule de Syracuse . Quinze mille habi-tans, un évêque, quinze monastères,dix-sept confréries, quarante - cinqéglises, voilà la ville moderne! Maisinterrogeons l’histoire sur les vicissi-tudes de cette cité morte, dont les