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me de cinq gradins. Le fronton posesur six colonnes composées de quatretronçons et couronnées de chapiteauxnobles et simples : la seconde et lacinquième sont en face des angles de lanef. Deux autres sont placées derrièrela troisième et la quatrième à droite età gauche de l’entrée, et contribuent àsoutenir la couverture du pronaos. Ducôté opposé, deux colonnes complè-tent le prosaikon , la partie postérieure.Les murs de la cella sont entièrementnus, leur distance des colonnes égalel’entrecolonnement. Dans l’épaisseurdes pilastres de la porte sont pratiquésdes escaliers qui conduisent au som-met et dans les souterrains de l’édiüce.Cette particularité a fait croire au cé-lèbre Winckelmann que l’édifice avaitété dédié à Cérès, cela me paraît très-probable. Toute la construction estcomposée d’énormes blocs superposéssans ciment avec un art admirable. Desimples triglyphes forment les seulsornemens de la frise et de l’architrave.Les colonnes posent sans bases sur lestylobate : elles ont dix-huit pieds dixpouces de haut et le chapiteau un pieddix pouces, en tout vingt pieds huitpouces. Le diamètre est de quatre piedstrois pouces. Le temple a cinquante-deux pieds de large et cent vingt-deuxde long. Le stylobate, à sa base, est decent cinquante-quatre pieds sur cin-quante-cinq. Des restes de stuc, que letemps a épargnés, prouvent d’une ma-nière incontestable que ce monumenten était entièrement revêtu. Si l’onsuit la route à l’ouest, on rencontre,hors des murs, des chambres sépul-crales creusées dans le roc : ce sontprobablement les tombeaux violés parles Carthaginois. La peste étendit sesravages dans leur camp. Annibal, leurchef, succomba. Amilcar, son succes-seur , ordonna de cesser les profana-
tions, et pour calmer les mânes irri-tés, sac rifia un enfant à Saturne etplusieurs prêtres à Neptune. En par-courant toujours la même direction, onarrive à un monceau de ruines, restes..du temple d’Hercule, situé près de-l’ancien Forum, au dire de Cicéron quile visita. La pureté de ces beaux frag-mens excite encore l’admiration. Onvoit au midi le prétendu tombeau deThéron, morceau d’une architecturepostérieure de beaucoup à la mort dece prince. J’y remarquai la confusiondes ordres ionique et dorique, ce quime fait croire que c’est l’ouvrage d’unartiste des bas temps. On me montrad’autres débris décorés du nom detemple d’Esculape; mais je ne m’y ar-rêtai pas et je me bâtai vers le célèbretemple des géans ou de Jupiter Olym-pien.
Ici, du moins, on se reconnaît.L’exacte description de Diodore d.e Si-cile ne laisse aucun doute sur la véri-table consécration de ce majestueuxmonument, qui semble plutôt l’ou-vrage des dieux que des hommes.
« Les édifices sacrés d’Agrigente ,dit Diodore , et surtout le templede Jupiter Olympien, témoignent dela magnificence des hommes de cestemps ; car les autres monumens ontété la proie des flammes et des ravagesfréquens dont cette ville fut victime.Le toit du temple de Jupiter allait êtreconstruit, lorsque la guerre vint arrê-ter cette entreprise. Plus tard, la villeayant été détruite, les Agrigentins nepurent plus terminer cet édifice. Salongueur est de trois cent quarantepieds, sa largeur de cent quatre-vingt-dix sur cent vingt de hauteur, sanscomprendre le sous-bassement. C’estJe plus grand delà Sicile , et son étenduelui permet d’entrer en comparaison avecceux des étrangers (des Egyptiens). »