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après la vigie signala une terre qui seprésentait sous l’aspect de deux pi-tons réunis par une côte basse. M. Con-stant Prévost , étant monté lui-même àla hune pour observer, remarqua unefumée blanche qui s’élevait de la partiecomprise entre les deux hauteurs. Uneodeur sulfureuse plus analogue à celledu lignite pyriteux en combustionqu’à l’hydrogène sulfureux, se faisaitsentir, quoiqu’on fût encore à huit mil-les du volcan, qui apparaissait sous laforme d’une masse noire solide dontles bords étaient escarpés excepté d’uncôté, d’où la vapeur s’échappait à lasurface de la mer, à environ quarantepieds de distance. Les rochers parais-saient de nature basaltique, serpentineet porphyrique-
Le temps était contraire, et la lametrès-forte ne permettait pas de mettreuse embarcation à la mer; le 28 au ma-tin la Flèche put approcher à deuxmilles delà nouvelle terre; alors on vitfacilement la vapeur s’élever de la mer,et d’une cavité du côté du sud. Danscette situation la sonde donnait dequarante à cinquante brasses.
M. Groulerdy, élève de premièreclasse, s’étant mis à la nage avec deuxmarins de la Flèche, parvint à gagnerle rivage. 11 reconnut que l’île étaitrecouverte de matière meuble et pul-vérulente , telle que cendres, rapilliet scories ; l’eau, même à une certainedistance du bord, était moins amèreque d’ordinaire ; elle avait un goûtacide prononcé, sa couleur était d’unvert jaunâtre, sa température de 21 à23 ° c. Une fumée noire s’élevait con-stamment du cratère central dont lesorles étaient parsemées d’efllorescencesblanches. 11 était bordé de scories en-duites de fer oxidé et rempli d’une eauroussâtre ou jaune-orangé, bouillante,et couverte d’une épaisse écume qui
formait un lac de cent quatre-vingtspieds de diamètre.
Le 29, à dix heures, le temps permitd’effectuer le débarquement. M. Con-stant Prévost put faire le tour de l’îlemalgré les émanations vaporeuses quirendaient la marche fort pénible sur unsol qui donnait de 81 à 85 ° c. de cha-leur. Il trouva que la circonférence del’île était de sept cents mètres et lahauteur de soixante-dix. Il recueillitdes échantillons des différens produitsvolcaniques et deux bouteilles de l’eaudu cratère, dont la chaleur s’élevait deg 5 à 98° c. Une observation attentivede la structure de l’île lui fit prévoirsa prochaine disparition, suite cer-taine des éboulemens et des efforts desvagues qui devaient la transformer enun bas fond. L'événement ne tarda pasà confirmer cette prévision.
Pendant que M. Constant exploraitce volcan, M. Joinville, peintre attachéà l’expédition, en dessinait les diversaspects, et le capitaine Lapierre ob-servait à bord de la Flèche. Cet officierreconnut quel’île n’était pas située surle banc de Nérita, comme on l’avaitpensé jusqu’alors; mais bien sur unfond de cinq à sept cents pieds d’eau.Il devenait donc important pour lasûreté de la navigation, de ne pas con-fondre. Aussi crut-on nécessaire dedonner à cette nouvelle formation vol-canique le nom d’île Julia. Ce nom, enrapport avec l’époque de son appari-tion , a l’avantage d’offrir une réunionde consonnances agréables et sonores,et en outre , étant compris égalementparles Français, les Anglais et les Ita-liens , on peut croire qu’il sera facile-ment adopté.
De Sciacca , nous fîmes une courseaux étuves que renferme la montagne,et nous nous rendîmes à Sélinunte . Apeine a-t-on passé le Corba ou Carabi,