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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

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Son jeune âge (elle n’avait que douzeans quand elle fut transportée à Corin-the ), a fait croire à plusieurs auteursqu’elle était Grecque ; sa beauté esttrop célèbre pour qu’il soit nécessaired’en parler. Pictores , dit Athénée ,Corintho veniebant ut ejus mamviaspectusque in suâ arte imitarentur.

La défaite de Nycias plaça Egeste sous le joug de Sélinunte ; mais elle im-plora la protection des Carthaginois.Annibal, l’ancien petit-fils d’Amilcar,vaincu à Hymère, rassembla cinq millecombattans, et détruisit Sélinunte ,après huit jours d’assaut. Egeste qui secroyait devenue libre, fut soumise à Car-thage jusqu’à la première guerre puni-que. De vains efforts pour conquérir sonaffranchissement, attirèrent sur elle lechâtiment de ses maîtres. Les Afri-cains rasèrent la ville et transpor-tèrent à Carthage les plus précieusesdépouilles. Plus tard elle releva sesmurailles; Leptinüs, général de De-nis , qui l’assiégea, fut forcé dansson camp, et contraint d’abandonnerla place. Rome devait protéger uneennemie de Carthage ; un vaste et ri-che territoire, et la liberté plus pré-cieuse encore, lui fut concédé par lesénat. Cette ville eut le courage de re-fuser à Agatocles l’argent que ce tyranexigeait : sa vengeance fut terrible. Lescitoyens les plus opulens furent mis àla torture, les bourreaux brisaient lesos des femmes, leur arrachaient lesseins. Les plus pauvres furent égorgéset leurs filles et leurs enfans vendusen Italie . Un seul jour suffit pour a-^néantirla malheureuse Egeste : et pour■ que ce souvenir du châtiment fut du-rable, le tyran défendit aux hahitansde la nommer autrement que Bicépolis,« la ville du Châtiment. »

L'herbe couvre ses ruines : un peLitthéâtre et un temple sont les seuls mo-

numens épargnés. Sur une colline iso-lée , au milieu d’un plateau agreste,bordée de hautes montagnes, s’élève so-litaire le temple de Cérès (PI. io4). Letoit seul a disparu, tout le reste est in-tact. Six colonnes sur chaque face et qua-torze sur les côtés, en répétant celles desangles, posent sur un stylobate et sup-portent une architrave surmontée d'unefrise garnie de triglyphes et de mé-topes presquecarrés.Celles des frontonssont ornées de fleurons, les autres sontnues, ainsi que les tympans. Les co-lonnes ont trente pieds de haut, noncompris un dé qui les élève de deuxpieds et demi, elles ont près de sixpieds de diamètre. Les assises des col-lonnes sont inégales et l’entrecolonne-ment varie quelquefois d’un pied, cequi, cependant, ne nuit pas à l’euryth-mie de l’édifice. Elles sont lisses ou,pour mieux dire, n’ont pas été canne-lées ; car on observe tout à l’entour uneportion de pierre réservée pour lescannelures. Leravalement de ce templen’avait pas encore été commencé quandil fut abandonné, comme l’indiquent lesparties ménagées pour faciliter le trans-port des pierres de taille sans endomma-ger les arêtes. L’usage des anciens derevêtir de stuc leurs constructions depierres calcaires , explique l’inégalitédes tambours des colonnes. Cen’est pasla seule irrégularité de cet édifice qui mesemble d’ailleurs s’éloigner de la puretédu beau temps de l’architecture grec-que. On n’a trouvé aucune trace de Cel-la , aussi plusieurs archéologues ont-ilspensé que ce monument était ouvertde tous côtés. Dans les environs de Sé-geste, coulent le Scamandre et le Si-moïs, deux ruisseaux à sec nommésainsi par les Troyens qui vinrent ha-biter cette ville, en mémoire des bordsqu’ils avaient dû fuir. A droite du Si-moïs, ou plutôt du fleuve San-Bartolo.