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trefois une étroite presqu’île compriseentre deux bras de mer servant de port,que les alluvions et les tremblemens deterre ont fait disparaître depuis le qua-torzième siècle. Dans celui qui se trou-vait à l’ouest de la ville, se déchargeaitl’Orèthe. Ce ruisseau, car, bien queles poètes en aient fait le roi des fleu-ves de Sicile , ce n’est qu’un modesteruisseau, a quitté son ancien lit couvertaujourd’hui de constructions, et couleà l’est de Palerme en face de l’ancienneNeapolis. Les Grecs avaient donné cenom à un quartier de Panhorme pourle distinguer de la vieille ville Paleo -polis , celle que le port entourait etdont nous avons parlé d’abord. Thucy-dide rapporte que dans le premiersiècle qui suivit la fondation de Rome ,lors de l’arrivée des colonies grecquesen Sicile, les Phéniciens , qui occu-paient toutes les côtes, se retirèrentdans Panhorme, Solanthe et Motyes ,villes de la partie occidentale del’île.Leur alliance avec les Elyens , peupledu voisinage, et la facilité de se rendrede ces ports à la métropole, leur avaientfait, préférer ces étahlissemens.
Plus tard Panhorme, sous la domina-tion des Carthaginois, c’est-à-dire jus-qu’à l’an de Rome 4 g 4 ) devint très-im-portante. C’était, suivant Polyhe, laplus florissante des colonies puniquesen Sicile . Cependant, tourmentés parcette inquiétude indomptable qui futde tout temps un des traits les plussaillans du caractère de la nation, lesPanhormitains eurent recours à Pyr-rhus pour les aider à s’aflranchir dujoug des Africains. Le roi d’Épire vintmettre le siège devant la ville, la pritd’assaut, se rendit maître des fortifi-cations élevées par les Carthaginois surle mont Erecta, nommé plus tard lePellegrino , et les refoula dans Lilybée.Pyrrhus ne jouit que deux ans du sou-
verain pouvoir dont il s’était emparé.
Il fut forcé d’abandonner sa conquêteaux Carthaginois. Ceux-ci furent chas-sés de la Sicile par les consuls AulusAttilius et Cneius Cornélius , lors dela première guerre punique, l’an deRome 602. Diodore rapporte que leport de Panhorme était si vaste à cetteépoque, que deux cent cinquante vais-seaux romains purent y jeter l’ancre.
A sdrubal étant débarqué pour répa-rer les pertes de Carthage , passa l’Orètheet obtint quelques succès, jusqu’à ceque s’étant approché des murailles dePanhorme il fut complètement battupar le consul Metellus, et laissa sur lechamp de bataille vingt mille hommeset soixante éléphans tombés dans lespièges tendus par le vainqueur. Long-temps après ce désastre , Amilcar con-duisit en Sicile une flotte de cinq centsvaisseaux et vint camper à six centvingt-cinq pas des murailles de Pan-horme , sous le mont Erecta , gardacette position pendant trois ans et cau-sait des pertes considérables aux Ro-mains.
Mais la victoire remportée près del’île d’Eguse, par le consul Lutatius,ayant mis fin à la première guerre pu-nique , Panhorme resta au pouvoir deRome . Elle partagea avec constancela bonne ou la mauvaise fortune de larépublique, et devint sous les empe-reurs une des principales colonies.Quoique tributaire des Romains, Pan-horme réparait par son industrie et lafertilité de ses campagnes les maux quela domination des étrangers lui avaitcausés , lorsque les prodigieuses inva-sions des barbares qui du nord se pré-cipitaient sur l’empire romain expi-rant, comme des nuées de vautours surun cadavre, la replongèrent dans denouveaux malheurs. Les Vandales, lesHérules, les Visigoths, ravirent à Pan-