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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALERME .

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hormeetàla Sicile ce qui avait échappéà ses précédens dominateurs. Genséric la rendit souvent victime de ses cruellesdévastations. Les vieillards, les fem-mes, les enfans mêmes, tombaient sousle glaive des barbares ou bien étaientchargés de fers, et même, pour arra-cher à ce triste pays des tributs qu’ilne pouvait plus payer, le vainqueurmenaçait de raser les villes, et souventl’effet suivait la menace. Le fer et le feune furent pas les seuls moyens employéspour ruiner la Sicile ; les sages lois quiy régnaient furent abolies et rempla-cées par les coutumes barbares despeuples du Nord, et la civilisation futétouffée sous les mœurs dépravéesd’une soldatesque grossière. Delà, ditProcope, la dépopulation de cette île.Ilinc ilia quœ est in Siciliâ infrequen-tia. Cependant la domination des bar-bares fut trop courte pour corromprele goût des arts et des lettres.

Sous le règne brillant de Justi-nien , l’empire d’Orient sortit enfinde son engourdissement. En 552 , Béli-saire conduisit une armée sous les mursde Palerme occupée par les Goths .On lit dans Procope , que ce général,voyant la difficulté de s’en rendre maî-tre par terre, fît entrer sa flotte dansle port, et ayant remarqué que lesmâts et les antennes de ses vaisseauxdépassaient les murailles , il y fît éta-blir des espèces de hunes d’où lesarchers firent pleuvoir sur la ville desnuées de traits, et forcèrent les Gothsd’abandonner la place.

Depuis cette époque jusqu’en 827 laSicilefit partiedel’empired’Orient. Lesort de cette île fut peut-être encore plusmalheureux sous les empereurs chré-tiens qu’il n’avait été sous les Goths etles Vandales. Ces princes, sans cesseen proie aux querelles domestiques oureligieuses qui, pendant si long-temps,

ensanglantèrent l’autel et le trône,l’abandonnaient souvent à d’avides pré-teurs ou à de lâches eunuques, toujoursprompts à usurper, dans ces courscorrompues, les honneurs et les ri-chesses. Mais peut-être cette cupiditésauva-t-elle Palerme d’une ruine to-tale ; car souvent elle racheta son salutau prix de l’or.

Telle était la situation de toute laSicile en 827, lorsque le traître Eu-phème y appela les Sarrasins. Pen-dant le temps de la domination desempereurs d’Orient, qui dura près detrois cent cinquante ans , les arts etles lettres qui avaient tout-à-fait dis-paru de l’Italie s’étaient réfugiés enSicile . Malgré les calamités des temps,à la fin du sixième siècle , c’était, audire de saint Grégoire-le-Grand, le seulendroit du monde où l’on parlât com-munément le grec et le latin dans touteleur pureté. Quelques génies l’illus-traient encore : ainsi Pascal, évêque dePalerme , présida en 5 o 3 le célèbre con-cile qui se tint à Rome pour juger lesdifférens du pontife Symmaque et del’anti-pape Laurentius; Théophile deSicile écrivait la description de sa pa-trie, ouvrage estimé de nos jours. Alorsflorissaient Elphide de Messine , sœurdu pape Symmaque , poète grecque etlatine, inventeur du mètre heptasyllabeemployé dans lEs chants sacrés ; Maxi-mien, évêque de Syracuse , ami de saintGrégoire; Epiphène, diacre deCatane,qui prononça le célèbre discours d’ou-verture du concile de Nicée en 787 ;Sergius de Sciacca, moine de saintBasile auteur d’un poëme grec es-timé ; Pierre de Sicile, l’historien del’hérésie des Manichéens ; Artémiuspoète grec distingué et tant d’autresqui abandonnèrent leur patrie à l’arri-vée des Sarrasins. Doit-on s’étonnerqu’à cette époque l’état écclésiastique