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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

fût plus éclairé que les autres? Aumilieu des tourmentes politiques, lesreligieux, renfermés dans les asiles sa-crés comme dans des ports de salut,pouvaient seuls travailler à la culturede l’esprit humain. On est redevableaux moines de Sicile de la conservationde plusieurs fragmens précieux deDion Cassius , de Denys d’Halycarnasse,de Polybe, du commentaire d’Aratus sur l’astronomie, et nombre d’autresouvrages.

Celte île avait alors une si grandeinfluence, qu’en moins d’un siècle, de679 à 768, elle donna six papes aumonde chrétien. Les empereurs grecsentretinrent à Palerme le goût des arts :souvent ils y envoyèrent des architec-tes et d’autres artistes de Constanti-nople , où les arts jouissaient encore dequelque estime. Bélisaire fit élever deséglises dans cette ville, à Messine et àSyracuse ; et saint Grégoire, dont lamère était Sicilienne, suivit cet exem-ple et fonda, pendant sa préture, plu-sieurs riches monastères. Les marbres,les porphyres, les pierres précieuses,les sculptures, les mosaïques et l’or ybrillaient de toute part.

Avant que les Pisans, les Génoiset les Vénitiens fussent sortis de leursports, Palerme et Syracuse étaient déjàmaîtresses des mers d’Orient, et c’est aucommerce, plutôt qu’à la fertilité deson territoire, que la Sicile était rede-vable de ses immenses richesses. Leséglises de Milan, de Ravenne , y possé-daient des revenus exorbitans; ceuxdu patrimoine de saint Pierre , danscette île, ne montaient pas à moins dequatre cent mille francs de notre mon-naie, somme énorme pour cette épo-que, et que l’augmentation des denréeséleverait aujourd’hui à plusieurs mil-lions. Narsès, Cassiodore, Théodoric ,Ruffin et Charlemagne qui visilèrent

la Sicile du sixième au commencementdu neuvième siècle, furent émerveillésde son opulence. Cet empereur, de re-tour de la terre sainte en 810, se trou-vant de passage à Palerme , y tint surles fonts baptismaux le préteur grecqui commandait la Sicile , et bien queCharles revînt de l’Asie alors si somp-tueuse, il fut étonné des produits desarts et des manufactures, et du luxequ’on déploya dans cette circonstance.

C’est surtout de l’invasion des Ara-bes que date la prépondérance de Pa-lerme sur les autres villes de la Sicile .Cette place ayant été choisie par lesémirs pour le siège de leur gouverne-ment, devint plutôt une ville arabeque chrétienne . « Il me semble en yentrant, dit le moine Théodose , quetous les mahométans du monde s’y sontrassemblés, tant est grande la popula-tion , le luxe des habillemens et la ma-gnificence des édifices. »

O11 ne peut nier la puissante in-fluence qu’a dû exercer sur les sciences,les arts et les mœurs des Palermitainscette nation, bien plus éclairée qu’onne le croit généralement. Les palaisde Cuba et de la Zisa aux environsde Palerme , d’autres édifices qui sub-sistent encore et plusieurs villes , ainsique nous avons eu occasion de le re-marquer dans ce voyage, témoignentassez du degré de perfection où les ar-tistes arabes étaient parvenus.

La conquête des Normands fut moinsfavorable aux arts. Cependant ces ru-des gentilshommes sortis de leursgrossiers manoirs ne furent pas in-sensibles aux nombreuses merveillesqui les environnaient. La religion leurprescrivait d’élever des temples, ils yemployèrent les artistes arabes restésdans le pays. C’est à eux que nous de-vons cette magnifique cathédrale dePalerme et tant d’autres monumens.