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Depuis la fondation de la dynastie dela maison de Hauteville l’histoire dePalerme est étroitement liée à celle dela Sicile. Quelquefois Messine lui a dis-puté le titre de capitale, mais elle esttoujours restée de fait : « Capul regni,prima sedes et corona regis, » jusqu’àl’avénement de Charles III de Bourbon au trône des Deux-Siciles .
Nous esquisserons en quelques pa-ges le tableau des principales vicissi-tudes dont fut victime cette contrée:nous commencerons notre récit au mo-ment où une poignée de Normands, ac-cueillis à Salerne par Guimar , princede race lombarde, parvinrent à chasserles Sarrasins de la Sicile , et à délivrerpour toujours leurs bienfaiteurs dujoug odieux des infidèles.
Les habitans de Salerne , pénétrésdu service que les braves Normandsvenaient de leur rendre, étaient dis-posés à les retenir en Italie ; mais lesvoyant résolus à retourner dans leurpatrie, ils les comblèrent de présens.La vue de ces trésors excita la cupiditéde leurs compatriotes ; une partie d’en- (tre eux s’embarqua pour la Sicile , dansl’espoir d’y trouver la fortune. Ranul-phe fut le chef de cette première expé-dition. Il rendit plusieurs services im-portans aux princes tant grecs quelombards, et obtint d’eux la permis-sion de fortifier Averse, petite ville dela Campanie . Tel fut le premier asiledes Normands : nous les verrons bien-tôt s’élancer de cet asile modeste surtoutes les contrées environnantes, etfonder un vaste royaume aux dépensdelà Sicile et même de l’Italie .
Après Ranulphe , vinrent les fils deTancrède de Hauteville, dont la gloiremilitaire laissa bien loin derrière euxcelle de leurs compatriotes. La valeurdes armées invincibles qu’ils fournis-saient toujours, et l’ellroiqu’ils répan-. N.
daient parmi les habitans efféminés del’Italie , contraignaient les petits sou-verains dont les dissensions troublaientcette contrée, à solliciter leur allianceet à se les attacher par des flatteries etdes caresses. Maniassès, généralissimedes forces grecques, rechercha leursecours dans son invasion delà Sicile ,qui était alors entre les mains des Sar-rasins. Avec leur aide, il remporta unevictoire complète sur les Musulmans ,et il aurait sans doute achevé la con-quête de l’île, s’il avait pu réprimer laperfidie et l’avarice commune à sa na-tion. Tandis que les Normands étaientactivement occupés à la poursuite del’ennemi en déroute, les Grecs s’occu-pèrent à faire du butin ; ils le divisè-rent entre eux sans vouloir en réser-ver la moindre partie aux étrangersqui avaient partagé les hasards de cetteguerre.
Les Normands leur députèrent Ar-douin pour leur représenter l’injusticed’une pareille conduite ; mais cet in-fortuné messager fut accueilli par les^ lraitemen^|eS plus ignominieux. Aprèsl’avoir battu de verges en le promenantautour de leur camp , les Grecs le ren-voyèrent couvert de sang à ses compa-triotes. Au récit de cette aventure, lesNormands poussèrent des cris de ven-geance; ils voulaient à l’instant mêmese précipiter sur les Grecs; mais Ar-douin, dont le vif ressentiment dédai-gnait des représailles ordinaires , com-prima la violence de leur couroux. Ilexposa ses projets, à son tour, aux chefsde l’armée; et, d’après ses conseils,elle repassa secrètement le détroit deMessine . Les Normands n’eurent pasplutôt abordé la Calabre , qu’ils atta-quèrent les villes et les cités princi-pales des provinces impériales. Afinde suivre leur nlan de guerre avec plusd’ordre et de régularité, ils élurent un