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chef, et se formèrent en une corpora-tion compacte. Leurs premiers chefsfurent d’origine lombarde; mais en-suite ils se placèrent sous le comman-dement de Guillaume Fier-à-Bras (Brasde Fer), l’aîné des fils de Tancrède.
Après la mort de Guillaume, ilsfurent successivement gouvernés parses frères Dreux et Oiifroy, qui agran-dirent considérablement le cercle despossessions normandes. Mais le grandfondateur de cette dynastie fut Robert,quatrième fils de Tancrède, et sur-nommé Guiscard ou Wiscard, à causede sa pénétration , et de sa finesse. Sesconquêtes furent très-rapides et con-duites avec la plus grande sagacité. Sestalens, comme administrateur, n’é-taient pas inférieurs à son courage dansla guerre.
Le pape Nicolas II , désirant prouverqu’il avait quelque droit à disposer dela Pouille, accorda à Robert Guiscard ( 1059 ) l’investiture perpétuelle decette contrée, avec le titre de duc. A la
tomber entre les mains des Normands,sans qu’il eût eu moyen de s’opposerà leur usurpation ou de l’autoriser réel-lement.
Appuyé par la sanction du pape,Robert, aidé de Roger, le plus j eune deses frères, envahit la Sicile , en chas-sa les Sarrasins , et quelque tempsaprès acheva la conquête de tout lepays, appelé aujourd’hui royaume deNaples .
Hélène, fille de Robert, mariée àConstantin , fils de l’empereur MichelDuras VII, avait été renvoyée par Nicé-phore III, e t son mari fut renfermé dansun couvent. Cette querelle de familleavec l’empereur de Constantinople ouvrit un nouveau théâtre à l’espritambitieux de Guiscard. Après de nom-breuses victoires, il parvint à péné-trer dans le cœur de la Grèce , etdéjà il menaçait le trône des césarsd’Orient d’une destruction prochaine ,lorsqu’il fut rappelé soudainement enItalie par des dangers que courait
Pouille il joignit encore la Sicile , dans«-J.e pape son allié. Robert accourut àle cas où Robert parviendfîjj^rsën ren-^Tlome, chassa l’empereur Henri IV ,dre maître. Ces deux souverains avaient —qui avait réduit le pape à la dernièrebesoin du secours Fürr-dêl’autre pour extrémité, et, après avoir prévenu lerésister à la puissance des empereurs retour de calamités pareilles , il re-
d’Orient, et il n’est pas étonnant deles voir assurer les liens de leur amitiémutûelle par des concessions récipro-ques.
Robert ne pouvait pas prévoir lesconséquences fatales que cette allianceaurait par la suite. Il promit doncobéissance et hommage à l’évêque deRome , quoiqu’il n’eût pas l’intentionde remplir sa promesse plus long-temps que ne l’exigerait l’état de sesaffaires. Nicolas, de son côté ,ne trou-vait pas d’inconvéniens à accorder àRobert l’investiture de pays qui n’a-vaient jamais appartenu au Saint-Siège , et qui auraient pu d’ailleurs
prit l’exécution de son projet favori, laréduction de la Grèce . Mais à l’époqueoù ses entreprises étaient entourées deplus de gloire, il fut subitement ar«rêté dans sa noble carrière par unefièvre maligne.
Roger, fils de sa seconde femme,soutenu par son oncle Roger, comtede Sicile , prit en main les rênes dupouvoir, malgré les réclamations deBoemond, son frère aîné, qui, ne sesentant pas en état de résister, acceptales conditions qui lui furent imposées.Mais bientôt après, une occasion devengeance se présenta, et Boemond,qui n’avait fait que dévorer en secret