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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALERME .

un dépit prêt à éclater au premier mo-ment favorable, la saisit avec empres-sement.

La ville d’Amalfi , profitant desdissensions qui s’étaient élevées par-mi les Normands , tenta de recouvrerson ancienne indépendance; elle futinvestie aussitôt par les forces réuniesdes trois princes , Roger, Boemond etRoger leur oncle. Tandis qu’ils étaientensemble au siège de cette ville , Pierrel’ermite y vint prêcher la premièrecroisade. Armé des bénédictions dupape, brûlant de zèle, il était pénétréde cette onction religieuse, de cettetoute persuasive éloqiience qui séduitles hommes les plus éclairés dans essiècles de la plus haute civilisalhm.Quelle puissance ne devait pas avoirun pareil prédicateur à une époque debarbarie ! Sa voix était accueillie avecferveur : ses prédictions rencontraientpartout des âmes crédules ; sa bannièrefut entourée 4e milliers de partisans.

Boemond, soit qu’il fût entraîné parla puissance de Pierre , ou que les croi ■sades eussent éveillé son enthousiasmereligieux; soit plutôt qu’il fût mu parle désir de se venger, seconda les pro-jets du prédicateur éloquent, et, à latête de la fleur de l’armée, fit voilepour la Palestine, laissant son frèreet son oncle devant les murs d’Amalfi ,avec une escorte à peine suffisante pourassurer leur retraite.

A Ro£?er succéda bientôt son filsGuillaume qui mourut sans enfans.Toutes les possessions des Normandsdans les Deux-Siciles appartinrentalors à son cousin Roger, fils du pre-mier comte de Sicile dont nous avonsparlé plus haut.

Ce pi’ince, dédaignant le titre de duc,qu’il jugea au-dessous de l’état brillantde ses affaires, revêtit celui de roi. Lepape, alarmé des progrès rapides des

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Normands, et, appréhendant quelqueobstacle de leur part à ses projets d’a-grandissement , appela à son secoursl’empereur Lothaire, pour venir met-tre des bornes à un pouvoir qui, si onne lui opposait une puissante barrière,compromettrait l’indépendance de l’I-talie .

Lothaire, à la tête d’une armée for-midable , entra dans le nouveau royau-me des Normands , et détruisit toutsur son passage. Roger, pendant cetemps-là, se retirait avec prudencepour rassembler ses forces militaires.La furie des agresseurs s’amortit toutà coup ; l’inaction et les maladies lesdécimèrent. Le roi Roger à son tourchassa devant lui Lothaire son ennemi,reprit ville par ville toutes ses pos-sessions, expulsa les Allemands duroyaume, et fit même prisonnier lepape Innocent II , qu’il contraignit alorsà reconnaître son litre de roi et mêmeà lui donner l’investiture.

Roger détruisit à cette époque ladernière ombre de liberté qui existâtencore dandfcjuelques villes maritimesde l’Italie : il fit une invasion enAfrique , s’empara de Tunis , et opéraavec succès une descente en Grèce .Malgré ces avantages, il ne borna passon ambition à la gloire militaire ; ilétait attentif à l’administration inté-rieure de son royaume, et, à sa mort,il laissa chaque province dans un étatsi prospère, qu’à juger des événemensavec la vue d’un mortel, il pouvait seflatter avec raison d’avoir établi sontrône sur des bases désormais inébran-lables. Les résultats fâcheux de la né-gligence de son successeur démontrentcombien les projets des hommes sonttrompeurs , et avec quelle facilité unmauvais gouvernement peut en quel-ques momens renverser les plans lesmieux combinés.