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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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PALERME .

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les successeurs qu’il avait désignésétant absens , les Siciliens, malgré lafoi jurée, appelèrent au trône Tan-crède comte de Lecce , fils naturel deRoger, frère aîné de Guillaume I * r . :son règne fut orageux et court ; néan-moins les Allemands auraient sansdoute été complètement chassés de laSicile , si Tancrède, qui était unprince aussi vaillant que bon, eût vécuassez long-temps pour se consolidersur un trône encore chancelant. Ladouleur excessive qu’il ressentit de laperte d’un fils chéri et accompli, surlequel il avait fondé toutes les espé-rances de sa joie et de son bonheur fu-turs, conduisit au tombeau ce ten-dre père, et détruisit d’un seul couples chances de prospérité de cette fa-mille ( 1192 ).

Guillaume III , son autre fils, étaittrop jeune pour résister au pouvoir deHenri devenu empereur, et appuyédu secours des barons toujours chan-geans. L’infortuné jeune homme futobligé de se livrer lui-mème à la dis-crétion de son rival, qui, sans obser-ver ses promesses, le priva de la liber-té, de la vue et de la virilité (1 ig4)-

Henri VI , monstre de cruauté, en-voya indistinctement à la mort tous lesadhérens de Tancrède, sans mêmeépargner les traîtres qui avaient dé-serté les étendards de Guillaume pourse joindre aux troupes impériales.Sa fureur brutale alla même jus-qu’à insulter au corps de Tancrèdequ’il livra aux oiseaux de proie. La Si-cile fut dévastée, les églises furent pil-lées , leurs richesses transportées dansdes contrées étrangères, et les ruesinondées du sang des plus illustres ci-toyens. Mais les Siciliens croyant dé-couvrir que l’empereur se proposaitd’exterminer toute la race normande,coururent aux armes; la révolte futN.

générale. A la tête des conjurés onvoyait Constance elle-même, incapablede supporter plus long-temps l’inhu-manité de son époux. Henri fut chasséde l’île et forcé de souscrire aux condi-tions du traité le plus humiliant. Il nesurvécut pas long-temps à cette dis-grâce. L’impératrice mourut aussi peude temps après lui , en laissant la cou-ronne à Frédéricj son fils unique,encore en bas âge ( 1198).

Une minorité orageuse suivit la mortdel’impératrice Constance ; mais grâceaux soins du pape Innocent III , quigouverna le royaume en qualité de ré-gent et de tuteur du jeune prince , lesétats de Frédéric furent entièrementconservés. Par l’influence de son excel-lent tuteur, il obtint le diadème impé-rial dès qu’il eut atteint l’âge nécessairepour le porter. Mais cette cordialeamitié, qui dans le principe unit lepape et Frédéric, ne fut pas de lon-gue durée. L’animosité qui exista plustard entre ces deux princes fut d’autantplus violente, qu’ils avaient eu d’abordl’un pour l’autre un plus vif attache-ment. Pendant une longue suite d’an-nées, ils se persécutèrent tous deuxavec un acharnement constant. Ces hos-tilités occupèrent une grande partie dela vie de l’empereur, et furent une sour-ce de dissensions et de troubles qu’il lé-gua à la Sicile , et qui plus tard ame-nèrent la ruine de la maison de Souabe dans cette contrée.

Dans l’espoir d’apaiser le pontife,Frédéric s’embarqua pour guerroyeren terre sainte ; mais à peine eut-il misle pied en Palestine, qu’il apprit queGrégoire IX avait dégagé plusieurs ba-rons de l’empire du serment d’obéis-sance , et qu’il envahissait le royaumede Naples . A cette nouvelle, Frédéricse hâte de conclure la paix avec les in-fidèles et retourne en Italie . Accablé

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