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PALERMIE. 34i
vastes états le royaume des Deux-Siciles .
C’est peut-être ici l’occasion de re-chercher l’origine de cette bizarre dé-nomination que l’on donne aux étatsdu roi de Naples . Cluvier dit à ce sujetque la Grande-Grèce comprenant au-trefois la Sicile , et celle-ci étant deve-nue plus considérable que la Grande-Grèce proprement dite, elle lui donnason nom. Je crois, malgré l’autorité dusavant archéologueque ce n’est pas laseule raison qui engagea le pape Gré-goire XI à déférer pour la première foisà Jeanne I re . le titre de reine de la Si-cile en deçà du phare. Il y fut amenépar plusieurs autres considérations;d’abord il ne pouvait lui donner le titrede reine de la Grande-Grèce , puisquel’empire grec existait encore. En secondlieu, le duché de Naples n’était pas as-sez important à cette époque pour queles principautés de Salerne, de Calabre et de Pouille ne lui disputassent l’hon-neur de donner leur nom au royaume :et enfin le simple titre de roi de Sicile ne comprenait pas la souveraineté desautres provinces. Alors on pensa que siles Sicules, partis de l’Italieméridionalepour s’établir dans laTrinacrie, avaientchangé le nom de cette île en celui deSicile , on pouvait bien donner ce nomau pays d’où ces peuplades étaient sor-ties, et depuis cette époque,, chaquefois que le royaume de Naples et la Si-cile ont été réunis sous un même sou-verain , ce dernier a toujours portéle titre de roi des Deux-Siciles .
Ferdinand étant mort, son petit-filsCharles d’Autrichelui succéda : il étaitle cinquième du nom, et fut depuisempereur des Romains. Pendant sonrègne et ceux de ses successeurs, lesroyaumes de Naples et de Sicile furentadministrés par des vice-rois, et nefurent que de temps à autre visités par
leur souverain. L’oppression des gou-verneurs , les outrages des barons , lespillages des Turcs, les attaques desFrançais et les vols des brigands , por-tèrent de continuelles atteintes à latranquillité de ce pays jusqu’à l’année1647, où éclata l’insurrection fameusede Masaniello . Dans le même temps 1 , leduc de Guise vint à Naples , et se sentitquelques velléités de s’emparer du ti-tre de roi de cette contrée ; mais sonentreprise manqua faute d’appui ducôté de la France .
Naples , depuis ces événemens, con-tinua d’obéir aux Espagnols jusqu’àl’extinction de la maison d’Autriche ,arrivée en 1700. De nouveaux débatsnaquirent alors, et changèrent, à l’é-gard de Charles II , tout le système po-litique de l’Italie. Naples d’abord futoccupée par Philippe-de-Bourbon ;mais en 1706 elle fut conquise par lesAutrichiens, et la possession de ceroyaume fut confirmée à l’empereurCharles VI, lors de la paix d’Utrecht ,en 1703.
En 1734, Elisabeth Farnèse , se*-conde femme de Philippe Y, roi d’Es-pagne, voulant procurer un trône àson fils Don Carlos, s’engagea dansune guerre avec l’empereur. Le résul-tat de cette expédition fut la conquêtede Naples , et l’infant fut investi de laroyauté des Deux-Siciles .
En 1759, à la mort de Ferdinand VI ,roi d’Espagne , Charles lui succédaet abandonna les provinces siciliennesà son troisième fils Ferdinand IV . Phi-lippe , son frère aîné, fut déposé àcause de son idiotisme ; et Charles , lesecond fils de Don Carlos , fut emmenéà Madrid par son père, auprès duquelil résida avec le litre de prince desAsturies, et en qualité d'héritier pré-somptif de la couronne d’Espagne .Ferdinand prit plus tard le titre de
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