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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

infidèles accablaient les pèlerins, pro-fitèrent des relations que leur com-merce leur procurait auprès du Soudan d’Egypte , et obtinrent la permissionde bâtir, près dutombeaudu Christ, unhospice où les Chrétiens pussent seremettre de leurs fatigues : ils y con-struisirent une chapelle sous le nomde Saint-Jean-l’Aumônier . L’établis-sement subsista des aumônes qu’onrecueillait en Italie et ailleurs. Bientôton se trouva en état de bâtir un secondhospice pour les femmes ; tels furentles faibles commencemens de l’ordrede Saint-Jean-de-Jérusalem , qui de-vint plus tard le boulevart de lachrétienté et dont les hases, mi-nées de nos jours par l’incrédulité,devaient s’écrouler sous le souffle del’homme du siècle.

Le nombre des hospitaliers s’accrutconsidérablement vers le commence-ment du douzième siècle; un Français ,nommé Gérard, qui était à la tête decette sainte institution , leur proposade prendre un habit religieux ; il leurdonna des règles simples qui tendaienttoutes à l'utilité des pauvres et despèlerins reçus dans les hospices; lepape confirma ces statuts.

Raymond, d’une illustre maison deDauphiné, succé'la à Gérard ; son zèlene se borna pas aux soins qui ayaientoccupé son prédécesseur. Les pèle-rins couraient les plus grands risquessur les chemins infestés de brigands,et souvent n’arrivaient à l’hospice quedépouillés et maltraités. Raymond ,se trouvant à la tête d’un grand nom-bre d’hospitaliers , résolut de mar-cher contre les infidèles, et de pur-ger les chemins des bandits , sansnéanmoins que ces nouvelles fonctionsdispensassent les religieux de leurs

vœux et des autres devoirs qu’ils s'é-taient imposés. La plupart des hospita-liers étaient d’anciens croisés res tés dansle pays ; ils acceptèrent avec joie la pro-position de leur chef et quittèrentvolontiers une vie sédentaire pour re-prendre leurs habitudes guerrières.Raymond les divisa en trois classes ; lapremière comprenait les nobles et ceuxqui étaientcapablesde porteries armes ;les prêtres composaient la seconde etremplissaient leurs fonctions ordinai-res ; la troisième était formée des frèresservans, qui devaient s’occuper desemplois auxquels les chevaliers les ap-pelleraient.

L’ordre était déjà assez nombreuxsous Raymond, pour être aussi par-tagé en huit nations qu’on appellelangues. A chacune d’elles est affectéeune des grandes charges de l’ordre.Raymond fut le premier grand-maître.Les revenus, produits des libéralitésdes souverains de l’Europe , étaientpartagés en deux parts ; la premièreétait appliquée aux dépenses nécessi-tées par les malades, la seconde auxfrais de la guerre.

Les biens de la religion étaient ad-ministrés par des officiers nomméscommandeurs du titre de leur commis-sion, commendamus vobis, etc. Ceux-ci étaient surveillés par des prieurs quivisitaient les commandeurs; les baillisétaient des commandeurs subalternes,qui prenaient à bail les commanderieset les régissaient. On ne doit cepen-dant pas les confondre avec les grandsbaillis qui étaient supérieurs aux com-mandeurs eux-mêmes, et ne relevaientque du grand-maître.

« L’histoire de Malte , dit le savantd’Anquetil, est remplie de hauts faitsd’armes, tant généraux que particu-