s tan s , ce pays véritablement voué aumalheur. A peine sorLi des fers del’Espagne , il fatigua tellement le mi-nistère français , qu’il en obtint destroupes et une flotte avec laquelle ilse rendit, vers la fin de l’année 1 653 ,dans le golfe de Naples II débarqua sapetite armée à Castellamare dont ils’empara. Sans doute il s’attendait queses partisans, le voyant si près, allaients’insurger et lui livreraient la capitale.Soit qu’il eût été trom pé sur les dispo-sitions du peuple, soit que naturelle-ment présomptueux il eût agi aveclégèreté, soit enfin que le peuple fûtfatigué de dissensions , personne ne seleva en sa faveur. Quelques mécontensseuls, et entre autres deux prêtres etun moine, tâchèrent, parleurs discours,d’exciter de la rumeur ; mais ils furentaussitôt emprisonnés. Annese , surquelque soupçon d’intelligence avec leduc de Guise, dont pourtant il avaitété autrefois l’ennemi, fut aussi arrêtéet puni de mort.
La noblesse de Naples , presque toutentière, se présenta pour aller com-battre le duc de Guise. Douze millehommes de troupes d’élite s’avancèrentvers Castellamare, et fermèrent tousles chemins qui conduisaient à la capi-tale. Le duc de Guise sentit alors l’im-possibilité où il se trouvait de repous-ser, avec le peu de forces dont ilpouvait disposer, les Napolitains quioccupaient tous les passages de lamontagne de Castellamare. D’un autrecôté, il ne pouvait rester dans cetteville où déjà les vivres manquaient.D’après l’avis de son conseil, il rem-barqua sa troupe sur les vaisseaux quil’avaient transportée, et reprit la routede Toulon . Vaine expédition qui n’eutaucun résultat !
Aulléaudesrévolutions et des guer-res devait succéder un fléau plus terri-N.
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ble,la peste. Elle fut apportée à Naples par quelques troupes qui revenaientde Sardaigne . La contagion se répan-dit dans les quartiers bas de la ville :on avait d’abord pensé que ce n’étaitqu’une fièvre maligne, et l’on ne pritaucune précaution. Bientôt le nombredes personnes qui mouraient chaquejour devint effrayant : on crut pouvoirapaiser la colèreduciel par des prières:on fit des processions, on courut enfoule dans les églises. Dès ce moment,la contagion, qui ne ravageait que cer-tains quartiers , se répandit dans tous :les prêtres persuadèrent au peuple debâtir une église, de faire des dons vo-lontaires pourlesfrais de construction,et même d’y travailler. On vit alors deshommes et des femmes de toutes lesclasses de la société , livrer tout cequ’ils possédaient d’or, d’argent, debijoux de toute espèce, et venir tra-vailler ensuite, avec une ardeur in-croyable, aux murs de l’église et ducouvent projetés. La maladie, dans cetimmense rassemblementdhommes, sepropagea avec bien plus de facilité etd’énergie. 11 mourait jusqu’à quinzemille personnes par jour. Les cime-tières ne suffisaient plus pour les in-humations; on entassa les corps dansles catacombes, on les brûla, on les jetaà la mer. A la fin , on ne trouva pluspersonne pour enlever les cadavres desmaisons et des rues : l’air était infectédes miasmes qui s’exhalaient de tantde corps en putréfaction.
Cette horrible calamité dura plu-sieurs mois; mais une pluie abondantesurvint, au commencement de l’au-tomne, et sembla purger l’atmosphère.Les malades qui étaient attaqués serétablirent, et bientôt après l’épidémiecessa entièrement. Mais la ville étaitpresque déserte; et, pour comble demalheurs, il fallut établir des gardes