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d’Egypte. Les Sarrasins et les Turcs trouvaient toujours les chevaliers prêtsà les combattre dans toutes les expédi-tions qu’ils voulaient entreprendre.L’opiniâtreté des agressions et des ré-sistances fit concevoir, dès i.jaS, auxMusulmans, le dessein de prendre Rho-des , et de chasser de leurs mers cesenilemis embarrassons. Les tentativesde ce projet se réalisèrent en 1480,sous Pierre d’Aubusson , trente-hui-tième grand-maître.
Le grand-visir Paléologuc , renégatgrecdela maison impériale, fut chargédu siège, par Mahomet , conquérantde Conslaritihople. Il descendit à terreavec une grande armée munie de toutce qui était nécessaire poür une opé-ration aussi importante. Le renégatn’épargna ni le sang de ses soldats, nises trésors, ni les trahisons. Il vou-lût faire empoisonner ou assassiner legrand-maître, et peu s’en fallut qu’ilne réussît. Il chercha à gagner les ha-bi tans pa r des promesses et à les effrayerpar des menaces. Les assauts se suc-cédaient rapidement, mais toujourssans succès par la valeur inébranlabledes chevaliers, et la bravoure des sol-dats amenés par eux de toutes les par-ties de l’Europe , et invincibles sousde tels chefs. Il essaya d’engager legrand-maître à une capitulation, enlui remontrant le triste état de la place,que les murailles étaient rasées, lestours abattues, les fossés comblés. « La» ville, répondit l’intrépide d’Aubus-» son, est assez forte tant qu'elle sera» défendue par les chevaliers. Nous» n’avôns tous qu’un même cœur, un» même esprit, pour unique objet, la» défense de la foi, l’honneur et la» gloire de notre ordre. Des hommes» qui ne craignent point la mort sont» plus forts que les murailles et les» bastions. »
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Cependant quelques chevaliers, émusde la peinture faite par l’envoyé dePaléologue des horreurs commises dansune ville prise d’assaut, le pillage, lemeurtre, l’incendie, le déshonneur desfemmes et des filles, inclinaient à trai-ter. D’Aubusson , instruit de ses dis-positions, les fait venir, et, comme s’ilsn’eussent plus été ses frères, il leur dit :« Messieurs, si quelqu’un de vous ne» se trouve pas en sûreté dans la place,» le port n’est pas si étroitement blo-» qué que je ne trouve moyen de vous» en faire sortir; » et après une courtepause, avec un air d’autorité et d’in-dignation , « mais si vous voulez de^» meurer avec nous, qu’on ne parle» jamais de composition, ou je vous» ferai tous mourir. » Ces paroles fou-droyantes couvrirent ces chevaliers dehonte et de confusion. Ils se jetèrent àses pieds, et lui promirent d’expier parleur san-ï ce mouvement de faiblesse. Illeur donnait l’exemple. Le poste le pluspérilleux était toujours le sien. Levisirchargea douze de ses plua braves sol-dats de pénétrer jusqu’au grand-maîtredans un assaut, et de le débarrasser dece redoutable adversaire. Ils lui por-tèrent cinq coups qui ne furent pasmortels. Son sang qui coulait animales chevaliers. Ils précipitèrent lesTurcs du rempart, les poursuivirentjusque dans le camp, d’où ils rega-gnèrent leurs vaisseaux en tumulte,et dans une déroute complète.
La réputation d’Aubusson a reçuune tache par la conduite qu’il tint àl’égard de Zizim . Ce prince chercha àRhodes un asile contre la mauvaise vo-lonté de l’empereur Bajazet, son frère.
Il fut bien reçu. Le grand-maître prittoutes les précautions pour le mettre àl’abri du poignard, du poison et desautres embûches que son frère lui ten-dait; mais il prêta l’oreille aux offres.