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insidieuses du monarque ottoman , et,moyennant une somme considérable etd’autres avantages pour l’ordre, il con-sentit à se rendre geôlier du prince,dont il aurait pu se servir pour allumerune guerre civile chez les Turcs. Zizim se plaignit hautement de ce vil marché ;mais il n’était pas à la fin de ses peines.Le pape demanda aussi à l’avoir entreses mains pour le bien de la chrétienté,disait-il, et pour tenir les Turcs en res-pect. Contre la parole donnée àBajazetde garder toujours l’infortuné prince,pour lequel il payait une grosse pen-sion, d’Aubusson le livra, sans inté-rêt, dit-on ; mais pourquoi fut-il nom-mé cardinal, dignité si peu propre àun guerrier comme lui? A quel titreobtint-il tant de faveurs pour son or-dre, entre autres la réunion de ceuxdu Saint-Sépulcre et de Saint-Lazare,à celui de Saint-Jean ? Il fut dans leprincipe cause de la mort du princemusulman qu’Alexandre VI , pour unesomme de trois cent mille ducats, fit,dit-on, empoisonner. Il est cependantplus vraisemblable que ce crime futcommis par le sultan. La plupart deshistoriens assurent ce fait, et les Turcseux-mêmes l’attribuent à leur sou-verain.
La brave défense de d’Aubusson neralentit pas le désir qu’avaient lesTurcs de s’emparer de Rhodes . Soli-man, jeur empereur, fit connaître ou-vertement qu’il était déterminé à s’at-tacher à cette conquête. L’ordre luiopposa Yilliers-de-rile-Adam, Fran-çais , quarante-deuxième grand-maître,élu en i52i. Il s’occupa sans relâchedes préparatifs nécessaires pourrepous-ser l’invasion qui le menaçait. Aprèsdes invitations amicales, Soliman en-voya sommation au grand-maître delui abandonner l’île. Il lui promettaiten ce cas toutes sortes de bons traite-
mens et de faveurs. « Mais si vous ne dé-» férez pas promptement à nos ordres ,» disait-il, vous serez tous passés par» le fil de notre redoutable épée, et les» tours et les murailles des bastions de» Rhodes seront réduits à la hauteur» de l’herbe qui croît aux pieds de toutes» ces fortifications. » Ce cartel fut ap-puyé par une forte armée. Aussitôtaprès son débarquement, elle com-mença ses travaux contre la place;mais les soldats, vigoureusement re-poussés à plusieurs assauts, se décou-ragèrent.
Soliman, instruit des murmures,accourt lui-même, débarque à la têtede quinze mille hommes choisis, seplace sur un tribunal élevé, et ordonneque toutes les troupes, sans armes,paraissent devant lui. 11 les fait envi-ronner de son escorte. Après de vifsreproches, faits avec des regards ter-ribles , et d’un ton altéré par la colère,à un signal convenu, les quinze millehommes tirent leurs sabres, et les tien-nent suspendus sur la tête des cou-pables. Les généraux se jettent à sespieds,le supplient de pardonner; tousimplorent à grands cris sa miséricorde.Le sultan se laisse apaiser. « A votre» prière, dit-il, je suspends la puni-» tion des coupables ; qu’ils aillent» chercher leur grâce dans les bastions» et sur les boulevarts des ennemis. »L’assaut, après cette scène, fut ter-rible, et fut suivi d’autres aussi achar-nés. Cependant Soliman aurait bienpu n’être pas plus heureux dans sonentreprise que Mahomet , s’il ne s’é-tait pas trouvé un traître dans la ville,dans le conseil même, enfin le chan-celier de l’ordre, qui lui donnait avisde tout ce qui se passait, et lui dictaitles mesures qu’il devait prendre. Lajalousie seule, le dépit de n’avoir pasété élu grand-maîLre, poussa ce reli-