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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MALTE.

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gieux à cette perfidie. A la vérité ilfut découvert et puni ; mais ayant étéchargé des approvisionnemens de vi-vres, et de munitions de guerre, la ville,par sa trahison infâme., se trouva dansun état de dénûment qui hâta sa red-dition.

La capitulation, aussi avantageuseque pouvait l’espérer une ville réduiteaux dernières extrémités, fut observéefidèlement. Soliman traita le grand-maître avec égards et distinction. Vil-liers, accablé de chagrins, n’en veillapas moins à la sûreté de ceux qui aban-donnaient l’île. Outre les chevaliers ,plus de quatre mille habitans suivirentla fortune de l’ordre. Le grand-maîtres’embarqua le dernier, après avoir don-né l’ordre à ceux qui s’écartaient dele rejoindre à Candie. Quand tout lemonde fut à peu près réuni, il partitpour l’Italie , et s’arrêta en chemin àMessine . Son arrivée avait été annon-cée publiquement ; toute la ville setrouva sur le rivage. Au milieu du pa-villon ordinaire de la religion il avaitarboré une bannière sur laquelle étaitreprésentée la Sainte-Vierge , tenantson fils mort entre ses bras, avec cettelégende : djflictis spes ultima rebus ;ma dernière ressource dans l'affliction.Tout le monde avait les yeux attachéssur ce vénérable vieillard. Le vice-roilui offrit, de la part de l’empereurCbarles-Quint, la ville et le port deMessine , pour entrepôt de sa flotte.L’archevêque, les grands, les nobles,le peuple, par une triste et muette ad-miration , lui témoignèrent la partqu’ils prenaient à sa situation.

On le conduisit au palais, dans unmorne silence. Le regret d’avoir étéobligé de remettre entre les mains desinfidèles une île où ses prédécesseursavaient régné avec tant de gloire pen-dant près de deux cents ans, se mani-

festait dans toutesses actions, dans tousses discours, et jusque dans ses regards;mais sa douleur n’ôtait rien à sa vigi-lance. Il prodiguait ses soins aux ma-lades et aux blessés, et leur procuraittous les secours qui étaient en son pou-voir. Quand sa colonie se fut un peurétablie, il se remit en mer, débarquadans le golfe de Baies, et alla voir cequ’il pouvait espérer du pape. Il netira d’Adrien VI que des promesses,et serait resté dans l’état le plus embar-rassant si la mort n’eût enlevé ce pape,peu affecté des maux de l’ordre. Il tutremplacé par Jules de Médicis , quiavait été lui-même religieux de Malte.Le premier service que ce pape rendità l’ordre fut une bulle, qui défenditaux religieux de s’en séparer; par-làil empêcha la dissolution, qui paraissaitinévitable.

Il leur fixa ensuite pour séjour Vi-terbe, place de l’état ecclésiastique,en attendant qu’on eût trouvé quelquelieu plus convenable. Après beaucoupde négociations, dans lesquelles le dé-sintéressement de Cbarles-Quint nebrille pas , il leur céda l’île de Malte, àla condition onéreuse de se charger dela défense de la ville de Tripoli, quiexigeait une forte garnison et unegrande dépense. Ne pouvant trouvermieux, le grand-maître accéda à de pa-reilles propositions. L’ordre prit pos-session de l’île en i 53o, et en a tiré lenom de Chevaliers de Malle , qu’ilsportent encore aujourd’hui. Villiers-de-l’Ue-Adam s’appliqua à fortifierl’île, qu’on trouva sans défense. Ilmourut dans un âge très-avancé. Ongrava sur son tombeau : C’est ici querepose la vertu victorieuse de la for-tune.

Les précautions prises par l’Ile-Adam,pour fortifier la nouvelle demeure del’ordre, servirent à faire échouer une