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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

secondé entreprise de Soliman. Piquéde ce que ces prétendus corsaires, dontil voulait jiurger les mers en prenantRhodes , continuaient à les infester, il■donna ordre à Sinan Bassa, qu’il en-voyait assiéger Tripoli , de détruire enpassant ce nid de pirates ; mais quandSinah eut mis pied à lerre, et qu’il eutconsidéré attentivement la situation duchâteau Saint-Ange et ses boulevarts,il dit à un corsaire, qui le pressait deformer son attaque : « Vois-lu ce châ-» teau? Certainement l’aigle ne pouvait» jamais choisir, pour placer son nid,» une pointe de rocher plus escarpée;» il faudrait avoir des ailes comme lui» pour y venir, et toutes les forces du» monde ne pourraient jamais l’y for-» cer. » Cependant, pour ne pas déso-bliger entièrement ce corsaire, qui étaitfort puissant, Sinan ravagea l’île, etmit le siège devant la capitale. Labonne contenance des assiégés le forçade se retirer.

Soliman fit encore contre l’ordre,en 1 565, sous Jean de Lavaletle; qua-rante-septième grand-maître, une ten-tative qui a été l’attaque la plus im-portante que la religion ait essuyée.Un homme qui imaginerait dans sonparticulier les événemens imprévuset bizarres qui peuvent avoir lieu dansun siège, ne pourrait rien inventer deplus ,extraordinaire que ceux qu’atracés la plume de l’historien deMalte. On ne peut montrer plus defermeté, de bravoure, d’activité, que legrand-maître et ses chevaliers. Lava-lette fut blessé sur la brèche : quandon voulut le faire retirer, il répondit :

« Puis-je à soixante-onze ans finir plus» glorieusement qu’avec mes frères ? »Repoussés avec la dernière opiniâtreté,les Turcs se retirèrent sans doute pourne plus reparaître sur cette terre imbi-bée de leur sang. Lavalette, sur le prin-

cipal emplacement qui avait été le théâ-tre de sa gloire, bâtit une ville appeléede son nom, la cité Valette. Le cou-vent et la résidence des chevaliers y ontété transportés ; comme il ne fallait paslaisser languir l’ouvrage, quand l’ar-gent manquait on payait avec unemonnaie de cuivre qu’on reprenait endonnant la valeur première , lorsque1 argent revenait. On y lisait : Non œsised jides , le métal n’y fait rien; c’estla confiance.

La religion conclut avec les Turcs, en1724 , une trêve de vingt ans, à charged’ètre renouvelée si les parties en con-venaient Pendant sa durée, les Maltaisdevaient jouir, dans les états du grand-seigneur, des mêmes privilèges que lesFrançais . On stipula l’échange et leprix des esclaves. Le sultan ne pouvaitsecourir les Barbaresques, et le traitédevait être nul dès qu’un prince chré-tien aurait guerre avec la Porte. »

Depuis long-temps l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem,afïâibli parla pertede ses commanderies d’Angleterre etd’Allemagne , ne pouvait faire face auxdépenses que nécessitaient le luxe desgrands officiers et les abus introduitsdans le gouvernement. Déjà son tré-sor était épuisé, lorsque l’assembléenationale décréta la suppression del’ordre, et réunit aux domaines de l’étatles biens qu’il possédait en France .Ce dernier événement mit le comble àsa détresse. Il vécut quelque tempsd’emprunt ; mais cette ressource man-qua bientôt. Le grand-maître, Em-manuel de Rohan , crut alors apporterun remède efficace à la situation diffi-cile où se trouvait l’ordre, en le pla-çant sous la protection de Paul I er .,empereur de Russie . Ce souverainpromit en effet des sommes très-con-sidérables qui devaient rétablir les fi-nances du gouvernement, en échange