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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MALTE .

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des marques distinctives des croix deSaint-Jean-de-Jérusalem , q ni lui furentdécernées en grande pompe,ainsi qu’auxmembres de la famille impériale. Déjàmême le payement de trois cent vulleflorins allait être effectué par la Russie ;l’espoir des chevaliers se ranimait; leurgrand-maître, Homspech, s’apprêtait àrelever la marine, quand les volontésde la France anéantirent soudainementcet ordre célèbre, etl’expulsèrent d’uneîle dont la possession faisait sa force.

Bonaparte , chargé du commande-ment de l’expédition destinée à la con-quête de l’Egypte , reçut du directoirel’ordre de s’emparer de Malte au nomde la république. Malgré le pacifiquelangage des plénipotentiaires du con-grès de Rastadt, les chevaliers pré-voyaient ces desseins; et déjà l’îleavait été mise en état de défense; lesmilices maltaises furent armées aunombre de sept mille hommes ; les pos-tes distribués par le grand-maître entreles chefs militaires de l’ordre. Toutesles mesures nécessaires pour soutenirun siège furent prises avec un grandappareil. Mais ces préparatifs ne pu-rent même retarder de quelques joursla conquête de Malte.

Le 6 juin 1798, les vigies des fortssignalèrent la première division de laflotte,qui devait transporter en Egypte le vainqueur de l’Italie; le 9, les Fran-çais débarquèrent à la cale de la Made-leine , et trois jours plus tard ils en-traient en maîtres dans la capitale. Dece jour l’ordre célèbre de Saint-Jean-de-Jérusalem cessa de régner à Malte; uneadministration provisoire fut établie,sous la présidence du commandeur Ran-sijal; les chevaliers reçurent l’ordre dequitlerl’île, et le grand-maître lui-mêmefil ses préparatifs de départ. Iloms-pecli s’embarqua dans la nuit du 17 au18 juin, 11’emportanl avec lui, de toutesN.

ses richesses, qu’un morceau de la vraiecroix, le bras de saint Jean, donné parBajazet à d’Aubusson , et une image dela Sainte-Vierge de Pbilerme. Cepen-dant la capitulation, signée par Bona-parte , garantissait à la religion une renteannuelle de trois cent mille francs, etdes sommes considérables en échangede ses propriétés. Les soldats et lesmatelots passèrent sur la flotte fran-çaise, et les chevaliers se dispersèrenten Europe avec la jouissance d’unemodique pension que leur assura larépublique. Ainsi fut éteint un ordredont la valeur avait souvent lutté con-tre toutes les forces de l’empire otto-man , et qui, par les services éminensqu’il rendit à la chrétienté, comptalong-tempsdanslabalance européenne .En vain quelques chevaliers tournè-rent encore leurs regards vers l’empe-reur de Russie; en vain Paul I er . ac-cepta, le '29novembre 1798,16s insignesdes grands-maîtres de Saint-Jean-de-Jérusalem : la religion n’existait plus,son ombre seule avait pu survivre jt laconquête de Malte par la France .

Paul qui se flattait d’un vain espoird’en restituer l’éclat dans l’intérêt de sapropre grandeur, eut un instant le des-sein de reprendre Malte. Elle deve-nait entre les mains des Français uneposition militaire importante , queleurs ennemis 11c pouvaient céder deplein gré. Mais une rupture avec l’An-gleterre, qui devait concourir à cetteconquête, contraignit Paul à abandon-ner son entreprise. L’amiral Nelsonse chargea de réaliser plus tard cesprojets, avec le concours d’une flotteportugaise, commandée par le mar-quis de Nirza.

Le général Vaubois, gouverneur deMalte, n’avait sous ses ordres quequatre mille hommes que Bonaparte lui avait laissés. Avec des forces aussi