Buch 
[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
Entstehung
Seite
364
JPEG-Download
 

364

L’ITALIE .

faibles, il soutint contre les escadresdes deux amiraux un siège de deux ans,où la bravoure de la garnison française et sa constance à souffrir toutes les hor-reurs d’un blocus maintenu avec laplus grande vigueur, brillèrent avectant d’éclat, que cette défense estrestée l’un des faits les plus héroïquesde nos fastes militaires. Aussi croyons-nous devoir entrer dans les détails dece siège mémorale.

Le premier soin des Anglais fut deporter les habitans de la campagne àse détacher delà métropole. Mais cettedéfection, loin de nuire à la défense deMalte, facilita les moyens delà prolon-ger en diminuant la consommation desvivres. Les forces des Français furentainsi concentrées dans les principalesforteresses, et les magasins se trou-vèrent approvisionnés de vins et deblés pour seize mois environ.

Quelques jours après , les citadins,eflrayés par une menace de bombarde-ment que fit l’amiral portugais , aban-donnèrent en foule leurs foyers. Aprèsla réponse Gère et laconique du généralVaubois à la sommation de l’amiralNelson, les assiégeons commencèrentà dresser leurs batteries, que le feude la ville parvint à détruire. Les tra-vaux furent commencés pour en établird’autres sur la hauteur du Coradin d’oùelles auraient dominé la cité Valette.Dans le même temps , les assiégés ap-prirent la reddition del’île de Gozzo etladéclarationdc guerre faite à la France par l’empereur d’Autriche et le roi deNaples. Cette dernière nouvelle leurfit prévoir avec raison qu’ils seraientpourlong-temps réduits à leurs propresforces, et que les vivres qui pourraientleur être envoyés de Toulon ne par-viendraient que difficilement jusqu’àMalte , au milieu des ennemis que te-naient la mer, et dont le nombre

s’augmentait sans cesse. En effet, troismois déjà s’étaient écoulés qu’ils n’a-vaient pu recevoir ni convois ni nou-velles du continent. La place était siétroitement bloquée par la flotte an-glaise et les alliés, que les assiégés nesavaient même pas ce qui se passaitdans l’intérieur de l’île. Cependant lecourage de la garnison n’était pointabattu, nul ne songeait à se rendre.

Dans le mois de décembre, une nou-velle sommation des Anglais obtint uneréponse aussi brève que la première, etlelendemain, à la faveur d’une obscuritécomplète, les assiégeons démasquèrentde nouvelles batteries du côté du fortManoel. Les boulets qui arrivaient engrand nombrejusque dans la citéValetterépandirent parmi le peuple une sigrande consternation , que ses émigra-tions recommencèrent aussitôt, tandisqu’une conspiration, tramée avec le plusgrand secret par les liabitans de la cam-pagne,menaçait sourdementla garnisonde la place. Un petit bâtiment génois,qui parvint à s’introduire dans la ville ,avait apporté la nouvelle de l’abdica-tion du roi de Sardaigne , et proclaméles succès de l’armée française. Les as-siégés voulurent, en cette occasion,s’associer par des fêtes à la gloire deleur patrie.Tandis que chacun selivraità des réjouissances publiques, un ma-telot maltais, nommé Guglielmo, âgéde soixante-quatre ans , et décoré par laRussie du grade de colonel, essaya deprofiter delà joie générale pourexécuterun projet conduit avec mystère et habi-leté, et qui ne tendait à rien moins qu’às’emparer delà place pour livrer ensuitel’île entière aux Anglais . Ce complotfut heureusement découvert par unofficier du fort Manoel. En rentrantdu spectacle, il aperçut Guglielmo etses principaux complices s’apprêter àla faveur des ombres à accomplir leurs