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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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MALTE.

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desseins. Il les fit arrêter à l’instantpour les interroger sur des manœuvresdont il ignorait encore le but. Gugliel-mo, qui ne put les justifier, fut con-traint d’avouer sa perfidie. Ainsi lesquatre mille Français , renfermés dansla capitale de Malte, avaient non-seu-lement à se défendre contre les forcescombinées des escadres anglaise , na-politaine et portugaise, mais encorecontre des trahisons ourdies au seinmême de la ville !

Cependant le jour était arrivé où lecourage de la garnison ne pouvait suf-fire à lutter contre un ennemi terrible,la famine, dont la fureur allait sanscesse croissante. Les Hottes qui te-naient la mer, et les travaux entreprispar les assiégeons pour assurer les ré-sultats du blocus, empêchaient tou-jours les convois partis de Toulon d’ar-river à Malte ; rarement la vigilancedes Anglais était mise en défaut; aussi,dans le mois de mai 1799, les objets deconsommation étaient-ils devenus d’unerareté presque incroyable. Le porc fraisvalait déjà trois francs quarante centi-mes la livre, le fromage trois francs.Les malades ne pouvaient parvenir àse procurer une poule à moins de vingt-neuf francs, et malgré le prix exorbi-tant que l’on mettait à ces denrées, ilétait encore très-difficile d'en trouver. Acette horrible détresse se joignit, poursurcroît de malheur, un nouveau fléau.La mortalité se répandit parmi les sol-dats, et les hôpitaux militaires comp-tèrent bientôt six cents malades, qui,la plupart attaqués du scorbut, mou-raient avec une effrayante rapidité.

Le général Yaubois déploya danscette circonstance l’activité la plusdigne d’éloges et la sollicitude la pluspaternelle. Sans cesse dans les hôpi-taux pour prévenir ou réformer lesabus, inspecter la boulangerie, visiter

les malades ; rien de ce qui pouvaitleur apporter quelque soulagement nefut négligé par lui. Une boisson pré-parée avec de la drèche, qui était abon-dante, devint un remède excellent. Legénéral Yaubois fit également fabri-quer à la même époque une nouvelleespèce de monnaie avec difïérens mé-taux pour faire face aux dépenses dela garnison. Au milieu de toutes cessouffrances, quoiqueles assiégés fussentaffaiblis de cinq cents hommes em-portés par la maladie, quoique la po-pulation fût réduite de quarante milleâmes à treize mille par les émigrationsdes habitans , la disette des vivres s’ac-croissait néanmoins avec une incroyablerapidité. Dans le mois de septembre1799, une poule valai t jusqu’à soixantefrancs, et l’on payait un œuf quatre-vingts centimes. La livre de sucre necoûtait pas moins de vingt-deux francs,et celle de café vingt-six.

Des prix aussi élevés peuvent don-ner la mesure de toutes les privationsque devaient endurer la garnisonfrançaise et les habitans restés dans lamétropole. Il est impossible d’imaginercombiën ces malheureux recherchaientles alimens les plus rebutans, la chaird’âne et celle du mulet. Cependant laconstance des soldats les soutint encoredurant une année dans une place quiparaissait devoir se rendre au premierjour et ne fut vaincue que par la né-cessité. Tous les efforts furent tentéspour prolonger la durée de la défensedans l’espoir d’un secours qui ne putjamais arriver. Enfin l’argent man-qua totalement dans le trésor; les sol-dats se trouvèrent subitement réduitsà la demi-solde, et les administrationscessèrent d’être payées. Bientôt les mi-litaires ne purent toucher aucune es-pèce de paye : les distributions de vinset d’cau-dc-vie furent également sus-