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[2] (1835) Royaume de Naples, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] : Sicile et Malte, sites, monumens, scènes et costumes, d'après Haudebourg-Lescot ... [et al.] / par C.-D. de la Chavanne, D.-D. Farjasse et P****
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L’ITALIE .

pendues. De temps en temps le généralVaubois faisait néanmoins remettreaux officiers et aux soldats desgratifications afin de soutenir leurconstance. Malgré ces faibles secours,les Français , dont le courage semblaitgrandir avec la misère , étaient réduitsà vivre en partie des légumes que leurdonnaient les jardins que la nécessitéleur avait fait cultiver dans les fortifi-cations de la ville. Quelquefois le dé-couragement s’emparait d’eux ; maisaussitôt les succès de leurs compa-triotes dans une autre partie du monderanimaient leur énergie , et tous brû-laient de partager au moins l’éclat deleurs victoires parunedéfensebéroïque.

Tant de constance semblait enfin de-voir obtenir une récompense glorieuse.Un grand convoi se préparait à Tou-lon ; plusieurs bâtimens de guerre de-vaient l’escorter; de jour en jour il étaitplus impatiemment attendu dans laplace, et déjà chacun se livrait à l’es-pérance de le voir paraître , quand onapprit que les Anglais l’avaient inter-cepté. À peine le général Vauboiseut-il eu connaissance de ce funeste évé-nement, qu’il désespéra d’être jamaissecouru d’une manière efficace. Les of-ficiers de terre et de mer furent assem-blés pour délibérer sur ce qui restait àfaire. Le résultat de ce conseil fut àpeu près nul. On résolut seulementd’armer le Guillaume Tell , et de l’ex-pédier en France avec les bouches inu-tiles et les malades pour soulager lagarnison. Il devait aussi réclamer unedernière fois les secours du gouverne-ment.

Cependant les assiégeans n’avaientpoint cessé d’envoyer des parlemen-taires dans la place sous différonsprétextes; leurs sommations furenttoujours accueillies avec la même fer-meté. Tandis qu’on se disposait à

mettre à la mer le Guillaume Tell, l’a-miral portugais eut occasion déjugerpar lui-même des dispositions hé-roïques de la garnison. 11 demanda etobtint une conférence avec le généralVaubois, <jui le reçut an fort Manoel,entouré de tous les officiel s de l’état-major. L’amiral se retirait après unecourte entrevue, dans laquelle furentseulement échangées quelques phrasesinsignifiantes. Au moment où il s’em-barquait pour se rendre à sa flotte, ilentendit crier de tous côtés : Vive larépublique!point de capitulation! Unemanifestation aussi éclatante de l’opi-nion des soldats le convainquit sanspeine del’inutilité des négociations ; et,de concert avec l’amiral Nelson , il re-doubla de rigueur dans l’observationdu blocus, afin de contraindre les as-siégés à se rendre. Les troupes de terreétaient trop faibles pour tenter un as-saut. Aussi les amiraux alliés préfé-raient-ils continuer patiemment unblocus, qui tôt ou tard devait amenerla reddition de la place. En effet, l’étatdes habitons devenait chaque jour plusaffreux. Ils étaient réduits à sept millecinq cents. Ce fut alors que le généralVaubois permit de reprendre l’usagedes cloches, défendu depuis la conspi-ration de Guglielmo, dans laquelle ellesdevaient servir de signal. On ne pour-rait imaginer la joie, l’enthousiasmeque cette décision produisit chez lesMaltais. On voyait ces malheureux,appelés par leur son dans les églises,se précipiter avec une ferveur quiégalait leur misère, et, chose non moinsremarquable à la même époque, leurgoût pour les plaisirs semblait puiserencore plus de vivacité au sein de ladétresse. Les comédiens avaient quittéMalte , chassés par la famine. Aussi-tôt une troupe d’amateurs fut orga-nisée , et les représentations furent sui-