Band 
Tome premier.
Seite
200
JPEG-Download
 

200

VOYAGE PITTORESQUE

guérison et la santé. Les produits du sol aidentautant que le climat à des cures inespérées.L’orange , la mangue , le fruit du mangoustan,y sont d’une saveur et d’un parfum exquis.Tous les légumes, toutes les racines farineusesdes zones équatoriales y ont réussi ; mais nosvariétés d’Europe , l’artichaut, le chou-fleur,la pomme de terre, ont-jusqu’ici trompé tous lesessais.

On conçoit que Sincapour, née à peine, nepeut avoir encore d’industrie manufacturière ,qui est toujours le résultat d’une civilisationlente et laborieuse. Quelques chantiers de cons-truction , et des fabriques de sagou perlé, voilàà quoi se réduisait en 1830 la liste des établis-semens industriels. Mais son commerce d’échan-ges, ses transactions d’entrepôt, ont déjà dé-passé la plus haute somme des espérances pré-conçues. Grâce à de larges franchises, obtenuescette fois de la Compagnie privilégiée des Indes,les navires européens , les pros malais, les bar-ques de Siam, les jonques de la Chine , de laCochinchine et du Japon , les bateaux desBougliis et de l’archipel des Philippines , sem-blent se donner rendez-vous aujourd’hui surcette rade de Sincapour, espèce de terrain neu-tre pour tous les peuples commerçans et pourtous les commerces. On y compte chaque an-née cent expéditions directes des ports anglais ;des arméniens venus des Etats-Unis , d’autresde France, de Suède, de Hollande , des villesAnséatiques, de Gênes, de Trieste , de Dant-zick, navires de pavillons et de tonnages di-vers , qui vont chercher la colonie nouvelle par-delà le cap de Bonne-Espérance . Dans l’Océandes Indes, cette nomenclature s’agrandit ; l’îlede France, Ceylan, Madras, Calcutta , Bombay,Batavia, Padang , Poulo-Penang, tous posteseuropéens , versent et demandent des produitsde mille sortes. Canton en Chine, Quinhon ,Faifo et Hué en Cochinchine ; Saigun, Kang-kao dans le Camboge ; Banckock, dans le golfede Siam; Manille, les Célèbes, Bornéo , Java,ont organisé aussi leurs échanges et développégraduellement leurs rapports. Peu productivepar elle-même, Sincapour appelle dans ses en-trepôts les produits du monde entier : là l’Eu-rope et le Bengale acceptent, en retour de leursfers, de leurs zincs, de leurs étoffes de cotonet de laine, le nankin, la soie, la laque, le pa-pier de Chine, la nacre, le camphre, le cassia,le sang-dragon, le poivre de l’archipel malais,le sucre de Siam, le cuivre du Japon , le café,les dents d’éléphant, la rhubarbe, les clous degirofle, les noix muscades, les écailles de tortue,

le musc, l’orpiment des diverses échelle etiques, océaniennes ou américaines. Ce ta 0 ' 1 iment commercial, imperceptible au déb* 1 ^grandi d’une façon si merveilleuse et si ra P

qu’on l’évalue aujourd’hui à plus de

150

lions de francs par année. La progression 1la même pour la population ; en 1819, 1^0

il’ 1

W

lais, moitié pêcheurs , moitié pirates, occup 3 ^seuls la petite anse de Sincapour , et cûQ japrès, en janvier 1824, un recensementf alt ^Qles soins de M. Crawfurd portait les habi ta ;10,683 âmes; en 1825, à 11,851; en 1912,905 ; en 1827, à 13,732. On y co<o;16,850 individus en 1830, et 19,200 en 1 ^le tout composé, en suivant l’importan c Q (chiffre, de Chinois , de Malais, de Bouf^ j;d’Hindous , d’Européens , de JavanaisSiamois. jl

Parmi ces peuples d’origine diffère’ 1 ^;!en est deux qui dominent à Sincapour P ^nombre : ce sont les Chinois et les Mal®’ 5 $niant ensemble les cinq sixièmes de la P°^|i'tion totale. Les Chinois de Sincapour sevisent en cinq classes toutes marcha’ 1mais distinctes par leurs mœurs, leurs n ^des et leurs langages. Les plus estimés ^ t j{f

sont les natifs de Fo-Kien; ensuite vien» 1

»

originaires de Canton, puis ceux dedes îles adjacentes; après eux, les pêch ela province littorale d’Aya; enfin les c ./>chinois ou la race mêlée. Tous ces ‘ Jsont actifs , paliens, laborieux, intellrusés en affaires. Aucun métier ne leur r e l ^ $pourvu qu’il leur profite; ils sont ncg°®* a j e f5'gros, revendeurs, brocanteurs, bout’9agens de change, commissionnaires, a ». je’teurs, marins, etc. Religieux observate ”J

i o’’ 1 '

Je'

coutumes natales, les Chinois ont to4)'soin d’arranger leur vie à l’étranger ^ /nière à ce qu’elle leur rappelle la patri e> ^à Sincapour des cimetières aussi vertS yi ,! (fleuris qu’à Canton : dans chacune debilalions, décorées à l’extérieur de P eJ c j ^symétriques , est un autel devant l e£ l Jefbrûle constamment des parfums et de® l j e l 1 ^dorés. Confucius y est figuré ayant p 1 ® ^ ^le génie familier qui lui parle à P° rel 1amour du pays est si vif, si tenace ' 'A

Chinois, qu’aucun d’eux ne renonce a ( 1

Quand ils ont amassé quelques ®P a, ^ eJ it ^quittent la colonie étrangère et re S a m °^

y

tivement leur province natale. Là, si *" l’-exécutée à la lettre, les peines les t

les attendraient ; mais le tarif d’une 11est connu et stipulé à l’avance.