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VOYAGE PITTORESQUE
bas a la réputation d’être plus substantiel.
Toute cette côte de Djimadja est plus accoreet moins dangereuse que sa côte orientale. Ony trouve plusieurs baies, les unes abritées con-tre la mousson du N. E., les autres contre celledu S. O.
A peine avions-nous jeté l’ancre devant levillage où réside le rajah de l’île, qu’une foulede pirogues couvrit la rade et accourut le longdu bord pour nous offrir des provisions. Descochons, des poules, des canards, des cabrits,des noix de coco , encombraient ces sveltes etgracieuses embarcations. Rien n’était plus joliau coup-d’œil que cette escadrille aux bordagesblancs couverts avec du rotin, et relevés d’unebande rouge. Un homme avec sa pagaie et unenfant pour l’assister au besoin, suffisaient pourguider une pirogue dans la baie.
Les insulaires.de cet archipel appartiennentà la famille malaise. Leurs membres trapus etvigoureux, leur physionomie hautaine et soup-çonneuse, ne préviennent guère en leur fa-veur. Aussi, quelque désir qu’ils eussent denous posséder à tei’re, nous crûmes qu’il étaitplus prudent de les observer de loin. Le tempsnous manquait d’ailleurs, carie capitaine Tsin-l'ong allait remettre à la voile. Avant la nuit, nousavions relevé les îles deSiantang, de Poulo-Mata,de Poulo-Mobour, et une foule d’autres plus pe-tites qui restent innommées. Cet archipel etcelui des Natunas, situés à 40 lieues dans le N.E., sont tributaires du sultan de Riou.
Le reste de notre traversée, jusqu’au fond dugolfe de Siam, n’offrit rien qui soit à signaler :toujours en vue des hautes chaînes de la pres-qu’île , nous n’étions cependant pas assez voi-sins du rivage pour qu’il fût possible d’en rele-ver la géographie. Passionné pour la science,Norberg avait avec lui les instrumens de ma-rine les plus perfectionnés, les cartes les plusexactes. Chaque jour, à midi, il faisait ce qu’onnomme, en termes de mer, son point. Armé deson sextant, il suivait le mouvement ascension-nel du soleil, jusqu’à ce que l’astre fût arrivé àson apogée; puis, par un calcul prompt et sûr, ildéterminait, au moyen de cette observation , lechiffre exact de la latitude où se trouvait alorsle navire. Un jour qu’il se livrait à cette dis-traction habituelle, le capitaine chinois s’ap-procha de lui et parut curieux de savoir ce quesignifiaient un pareil travail et un pareil ins-trument. Norberg le lui expliqua aussi claire-ment que possible par le canal de l’interprète;il lui fit sur les divisions terrestres et sur lescalculs maritimes un cours de théorie auquel le
Chinois semblait prêter la plus vive attelû
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enfin, le croyant convaincu et instruit a ^ fil lui montra comment, au moyen d’un réfle® 1 ^et de verres colorés , on ramenait sur lade l’horizon le disque du soleil dépoui"^ 11rayons. Cette expérience physique le * ra *, 0 -plus que tout le reste : il voyait l’astre se Vmener sur le ciel, se baigner dans la m er ’ ^gré de la tige de cuivre sur laquelle ses é'°tions étaient graduées : cela le saisissait, I e ^péfiait. A plusieurs reprises, il voulut s’assu>' cl ^ (fait par lui-même, il prit l’instrument, S l Jj.l’alidade; puis se fit de nouveau expliquer j|lité de la machine. Norberg était enchafit®tenait une conquête , il venait de faire uPsélyteà nôtres upériorité mathématique, 4 11 ' ,iTsin-fong secoua la tête avec un mouV® 1 ^d’incrédulité: «Oui, c’est bien, dit-il, tU a jsvenir le soleil sur le niveau de l’Océan ; tü ^
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de cette manière a quelle hauteur il est; J®prends tout cela: mais, si tu calcules ain sJvation, tu dois calculer aussi la profb® fiCombien y a-t-il de pieds d’eau sous le fia' 1 ^'A cette incroyable interpellation , $ or j,js<faillit éclater; le sextant lui échappa des« Eh bien! insista le capitaine, tu ne p eU * 0 j5fme dire la profondeur de la mer ! —Oh ! Ujjjj' 1triple Chinois, admirable Chinois ! m e ^i’
tout bas le baron étouffant de rire.
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pas plus que nous. » Depuis ce .jour , I e t jqP ehomme prit en pitié notre théorie n aU
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et ce fut pour lui sans doute un nouvea®de se complaire dans les procédés de 1* 113lion chinoise. gj/
Les deux sinus intérieurs du golfene sont encore tracés sur aucune car *' emanière exacte et complète. Dans sofi ‘ 1 l 1sade de 1821, M. John Crawfurd enpartie orientale. Il visita Poulo-Ubi et 1® 0 ||5'
ligne d’îlots qui la continuent. Quant a f 1voulant à la fois profiler et de la lîlC>U j a pi' c '.des brises de terre, nous longeâmes _ pP 1 ’qu’île de Malacca jusqu’à Poulo-L° zlI1 J^ H' 3nous allâmes reconnaître le cap Lyant >versant une foule d.’îles désertes ounous jetâmes enfin l’ancre dans la ra ^ Cle El juillet. Sans les hautes montagnes^ ]5 gfiPasoë qui restaient à notre gauche ,rions pu nous croire encore au , » o:, ‘
terre qui s’étendait en face était bas ^
dans l’eau. j c fâ > 6 j
Le lendemain la jonque leva 1 aI ^ [e ,traversa la barre avec la marée monta