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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

chemin parmi ce peuple d’oisifs et de badauds,quand un naturel -vint proposer à notre inter-prète de nous conduire vers les éléphans blancs,ces objets d’une vénération si profonde dans larégion indo-chinoise. La distraction était toutetrouvée; nous l’acceptâmes avec plaisir.

Le roi de Siam était alors possesseur de sixéléphans blancs, nombre inoui dans les annalesde la contrée, et regardé connue un favorableaugure pour la prospérité de son règne. Nousen vîmes quatre; les deux autres étaient de tropcapricieuse nature pour être visités sans péril.Ces animaux avaient la robe vraiment blanche,sauf quelques taches de couleur de chair dansles endroits où le poil était tombé. Nu! indice defaiblesse et d’imperfection ne témoignait quecelte blancheur fut une maladie. Leur taillevariait de six à neuf pieds. Leur généalogie,soigneusement constatée, les faisait originairesdu royaume de Laos ; aucun d’eux n’était né enpays siamois ou malais.

La rareté des éléphans blancs est sans doutele seul motif de l’exorbitante considération dontils jouissent. Les sectaires de Bouddha, dansleurs idées de métempsycose, ont dû croire qu’unanimal peu commun, né dans les pays où l’es-pèce analogue est très-perfectionée, devait seclasser au nombre des êtres mortels les pluspurs et les plus parfaits. Le corps de l’éléphantblanc loge donc, suivant eux, une ame supé-rieure, à qui le préjugé populaire a donné siar-le-champ le titre et le nom de roi. Celui-ci estle roi pur; l’autre le roi terrible; un troisièmele roi clément, et ainsi des autres.

Chacun de ces éléphans a une étable séparéeavec dix gardiens pour son service. Les défensesdes mâles sont garnies de clochettes d’or; unechaîne à mailles d’or leur couvre aussi le sommetde la tête, et un petit coussin de velours brodéest fixé sur leur dos. Dans le clos commun desnobles animaux, notre guide nous montra deuxsinges blancs, de haute taille et armés de longuesqueues, qui, disait-il, étaient là pour conjurertoute maladie loin des royaux pensionnaires.

Des éléphans blancs, nous passâmes aux au-tres éléphans que leur couleur faisait rentrerdans la classe ordinaire et vouait aux plus péni-bles services. Ils n avaient rien extérieurementqui les rendît remarquables ; leur taille étaitmoyenne, leur port assez lourd; mais leurscornacs parlaient avec enthousiasme des qualitésintelligentes et précieuses dont ils étaient doués.Plusieurs d’entre eux étaient tachetés de blanc,principalement sur la tête.

Au sortir des écuries royales, le hasard nous

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procura le spectacle d’une cérémonie u,qui avait attiré un grand concours de P e Jjji 1La scène se passait sous un banian qui é te ^son feuillage sur la cour d’un temple- s0 |,cueil était là, élevé à six pieds au-dessus d® ^revetu d’une couverture blanche et sur® 1

une couverture blanched’un dais orné de fleurs de jasminune musique bruyante de gongs et d e

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feuillets de palmier. Quelques femmessur une plate-forme derrière le prêtre aV

chacune un cierge à la main.

Après les prières dites, les talapoin s

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prochèrent, enlevèrent laqui parait le cercueil etensuite on livra le corps

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se la parta£ e ^aux servite 11 ’ '- 2devaient le laver. Pendant que ce u 1pieux s’accomplissait, nous pûmes e* a ^l’attitude des parens du mort: leurgrave et décente, mais aucun symptôme,,!) 1vêlait en eux une grande douleur. Un e f ,ÿ/seule semblait profondément affectéel’épouse du défunt âgée de vingt ans 8 P, C Kayant, comme signes extérieurs de deuib ^robe blanche. Elle était ‘ i,ii.da vl

véux ras et la robe blanche. Elledevant le cercueil, et la. vue de ce ca'arrachait des larmes et des sanglotsLe bûcher funéraire se

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amas de matières combustibles surcercueil fut posé. Le talapoin, à la su ltenouvelleprière,vintdistribueralorsàl’ aS c 11des flambeaux ou des morceaux de ® »flammés. Norberg et moi nous encomme les autres, et il fallut qu’- gnous missions le feu aux restes dumois. Autour du foyer pétillant, les p a jpréunirent en cercle , firent un paquet ^ ^hardes , les secouèrent par six fois,dant bien de les laisser tomber; puis, *1 c e ^bûcher n’offrit plus que des braises et ^dres , chacun se retira en faisant la coJ1

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la veuve éplorée. ^

Ce culte rendu aux morts avait toU cimpassible Norberg. Le recueillent 6 ® 1 , a ^’!

lapoins, le respect silencieux de la f° u ^leur de cette femme jeune et belle,entrait pour quelque chose dans

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n Ce peuple a cependant quelques h ^ ^j, ! ^

Bah!

lui dis-je. if se sentit devinépondit-il, pure comédie ! Le= {

à l’heure prendre leur revanche dey aIsette du mort, et sa veuve se remarie 1Vous êtes incorrigible- *

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Les enfans^V;

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semaine.

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bours eut préludé aux funérailles, la Pjjilfjcommença sous la direction du talapoi®' j ( j'était en pâli, et les assistans la lisaient s® r

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