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VOYAGE PITTORESQUE
mêmes sentimens sur la religion qu’il fallaitsuivre, et leur indiquer sans obscurité le cultequi lui était le plus agréable ? Puisqu’il ne l’apas fait, on doit en conclure qu’il ne l’a pasvoulu. 11 est donc naturel de croire que le vraiDieu prend autant de plaisir à se voir honorépar différens cultes qu’à être glorifié par uneprodigieuse quantité de créatures qui, toutes,le louent à leur manière. »
Les argumens ne manquèrent pas au pèreTachard pour combattre la thèse royale, maisces controverses théologiques n’aboutirenL qu’àun cercle vicieux d’instances et de refus. Lesnégociations politiques furent plus fructueuses ;on obtint que des garnisons françaises occupe-raient Banckock etMergui, les deux boulevardsdes provinces siamoises. Dans tout ceci, Cons-tantin PLalcon agissait en diplomate habile etconséquent. Son seul appui dans le royaumeétait le roi ; Tcliaou-Naraïa défendait sou favoricontre les haines de ses courtisans et les mur-mures de son peuple. Or une abjuration perdaità la fois et le monarque et le favori : il y fut con-traire. Il conseilla le traité d’alliance, et l’admis-sion d’auxiliaires français , parce qu’en cas dedisgrâce ou de révolte, il trouvait là une forcepour s’appuyer et un abri pour sauver sa tête.
Le commandant des troupes débarquées, deFarges, reçut donc parmi ses instructions se-crètes, l’ordre de s’aboucher avec Phalcon dansles circonstances essentielles. Une garde devingt-quatre Français fut affectée au premier mi-nistre ; d’autres officiers compatriotes furentenrégimentés dans les bataillons siamois ; enfinle chef il’escadre Forbin , franc et bon marin,observateur clairvoyant et soupçonneux, se ré-signa à prendre le titre d’amiral et généralis-sime des armées du roi de Siam. Au travers dufaste d’emprunt qu’on avait étalé devant l’am-bassade, Forbin avait deviné la misère du pays ;derrière ces lambeaux d’or et d’argent, il avaitvu des guenilles. Aussi n’éprouva-t-il qu’un mé-diocre désappointement quand, peu de joursaprès, admis à l’audience du roi, il le trouvaassis sur une natte d’osier, obligé de tirer unmorceau de bougie de sa poche pour éclairerla salle du conseil. On donna au généralissimetrente-six esclaves et deux éléphans, une petitemaison misérablement meublée , avec douzeassiettes, deux coupes d’argent, quatre dou-zaines de serviettes et deux bougies de cirejaune par jour. « Ce n’était rien que ces mes-quineries, ajoute Je marin clans ses Mémoires ,mais ce qui était intolérable, c’était la manièredont Tcliaou-Naraïa traitait ses mandarins. A
ceux qui ne parlaient pas assez, il faisaitla bouche jusqu’aux oreilles; il la faisait co 11à ceux qui parlaient trop; pour un geste n’ a ^droit c’était un bras que l’on coupait»jambe pour un faux-pas. Sans Phalcon, j e 11rais pas duré vingt-quatre heures dansgueuse de cour. »
Forbin resta clone, et le chevalier de Bmont repartit vers la fin de 1688 avec trois ‘ ^bassadeurs siamois, porteurs de présens P° U j e rroi de France. Us étaient chargés de cle® aI1 ^en retour quelques ingénieurs et unrenfo’ 1troupes. , ( y
■ Phalcon régnait toujours ; il venait de r ^mer, avec bonheur et bravoure , une re ^d’émigrés macassars qui avait mis enla capitale siamoise; il se croyait afl'er®*que jamais dans son poste suprême, q 113 ’ 1 ^orage fondit sur lui. Le ministre parvenu a ^j[voulu marcher trop vile en réformes : ^ Ujpouvertement protégé les prêtres cath°contre les talapoins; il avait livré la c0l ^,e’sion du royaume au zèle des mission 1 ’ 1 j e ;jésuites; il avait fondé des chaires , b al1 Jé
églises
créé des collèges chrétiens all jjl)i'pens des pagodes et des institutions bo l1 j,r
ques. Tant de titres à la haine du sacerd° cdigène ne pouvaient pas s’accumulerment : le peuple, sourdement travaille' ^ [fcliait un drapeau de révolte ; les coui't lSa ^ |ï
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s’inclinaient devant le favori actuel q u jj s kpensée de le trahir. Phalcon s’aveugl 3 ’crut plus fort que toutes les intrigues. ^ e*malade alors , n’avait point de success®' 1les chances de l’héritage souverain segeaient entre deux favoris, Monpit e l * p( £ 'cha. Phalcon venait de se déclarer pour /
mier, quand Pilrarcha fit assassiner so11 . ijiï 1,
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péliteur, et arrêta de sa main le premierau moment où il se rendait chez le r° Jbond. Vainement de Farges voulutde Banckock au secours de Phalcon;
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les rapports des missionnaires, il resta- •* - ^min de Sio-Thya , et la révolution s f (1 yf*somma. Une espèce de capitulation, s’b 11 fle chef des forces françaises , stip u ^ aroyaume de Siam serait évacué par ^ eSsons de Banckock et de Mergui. Les 11 yj^naires furent insultés dans la capitale ^ £ime, et les évêques eurent de la pein® aleurs têtes du mouvement réactionnaU e JQuant à Phalcon, après d’incroy 3turcs, il fut conduit dans une foré* et usans appareil. Sa femme, qui avait eX cl . jgjé 1sion du fils du nouveau roi, fut cia bon