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VOYAGE PITTORESQUE
lant et sans grâce. Du reste, les idées des Sia-mois en matière de beauté ne ressemblent enrien aux nôtres. Les plus jolies femmes d’Eu-rope ne produisent aucune impression sur eux'.Dans l’ambassade de 1687 , La Loubère mon-tra à la cour de Siam les portraits des dames lesplus célèbres et les plus belles de la cour deLouis XIY, et il raconte que ces figures n’yexcitèrent aucun sentiment d’admiration. Enrevanche, une poupée énorme se trouva êtrede leur goût, et un grave seigneur, appré-ciant le mérite du sexe à la façon siamoise,estima à cinq mille écus une femme de ce portet de ce physique.
La langue monosyllabique des Siamois paraîtcompliquée et difficile. Son alphabet a trente-neuf ou mieux trente-huit consonnes. Lesvoyelles et les diphtongues y sont nombreuses etpresque insaisissables pour les Européens et pourles Hindous. Les caractères se tracent de gau-che à droite. Ce qui distingue surtout cette lan-gue , ainsi que celle de l’Asie orientale , c’estune grande simplicité de combinaisons gramma-ticales. Il n’y a d’inflexion ni de noms, ni deverbes ; de sorte que le siamois, pour dire : No-tre père qui êtes dans les deux, dit littérale-ment : Père nous cire au ciel. Les livres sacréssont écrits en langue pâli comme ceux des Bir-mans.
Quant à la littérature siamoise , elle est bienloin de celle des Persans et des Hindous pour legénie et l’invention. On en compte de deuxespèces, l’une en langue vulgaire, l’autre enpâli. La première est toute rythmique : ce sontdes chansons, des romances , des poèmes , as-sujettis à un mètre qui varie à l’infini. L’amourest le grand pivot de ces compositions , tantôtlicencieuses, tantôt naïves. On ne cite pointchez eux, comme chez les Hindous , des dramesécrits ; le soin d’improviser un dialogue est laisséaux acteurs dans les représentations scéniques.L’autre espèce de littérature, écrite en pâli, sedistingue et par la perfection de la langme , etpar l’importance du sujet. Elle comprend tousles thèmes sacrés, les chansons dédiées auxDieux, les hymnes des Talapoins et les versetssacramentels.
Les mœurs des Siamois comme celles des Bir-mans se ressentent de leur position géographi-que entre l’Hindoustan et la Chine . Bas et ram-pant vis à vis de supérieurs , insolent et hautà l’égard de subalternes , lâche et vain, mou,intéressé, faux, fripon, voleur, le naturel deSiam a peu de qualités pour balancer tant dedéfauts. L’abbé Gervaise, qui les a observés il
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y a plus d’un siècle, n’a pas chargé le P° r g0lJ tquand il dit « que comme ennemin ils 110 0 \\nullement à craindre, et que, comme a»i s ’^j.ne peut faire aucun fond sur eux ; ” e ^leurs : « Ils méprisent en général toutes ^jttrès nations , et sont persuadés qu’on l eU j gl ila plus grande injustice du monde , fi ua g u r0'leur dispute la prééminence. » Tout ^péen arrivé à Siam, quelque salaire fl u j^iidisposé à offrir, n’obtient qu’avec pei^ e ^j e r
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Siamois des services domestiques. Lepaysan se considère comme supérieur auxp 1 j^iblés seigneurs des autres contrées. Ainsi»ne saurait dire par quel motif, la nation l a ^ fj tpauvre et la plus arriérée de l’Asie orien 1 ®^en même temps la plus vaine et la plus U 1 ‘ s jj-de son mérite. Le beau côté du caractè^^,
Le beau côté du caractè r ®o-a« v
mois se résume en quelques vertus negla sobriété, la patience et l'amour de 1® f^jiiDans toutes les villes du royaume et aU A.même des campagnes, un homme, un etlM (f fSdésarmé ne courent aucun péril ; les i° e ^si fréquens dans la presqu’île et dans l’ aI ' Cmalais sont ignorés à Siam. . ^
Les habitudes domestiques des Sia® ojS e e pdouces : la femme n’y vit pas murée c0lfl j ll f 1 ’ 1d’autres contrées de l’Asie . Les épouses^ j/lui-même se promènent sans voile dans ^ Jeges bateaux qui descendent ou rerno 11 }iMeinan. Ce privilège de liberté est du iseul dont jouissent les Siamoises , assnj Je*une positition d’infériorité laborieuse. * ^
gros travaux retombent sur' elles : elle* L/.les fardeaux, labourent les champs , f° ul ^j[l;ii ades rameurs aux embarcations et des sutaux troupeaux de buffles, se partage 11 * 1 ,^ 1elles les soins extérieurs et les détails du ' jp’conduisent en un mot la maison et l a u j > c
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sans que l’homme y ait aucune peins- :borne à jouir de tout cela en maître ^périeur : il mange seul , servi par sa ^ <ji |Celle et les enfans ne prennent leurquand sa desserte est enlevée. JattUU ^0mois n’admet sa compagne dans le iic°il se promène , et, quand elle partageconjugale, un oreiller plus bas témoig 110 ^n’est là que comme inférieure au U 10 ,j a ii 5nage. La polygamie, reconnue à Sian 1lois civiles et religieuses , n’est guèr e ^ r tia* 1 yque par les riches, et toujours eu P r °^° 0 ts ^
leur fortune. Le roi actuel a troismes, et son Prah-KlanLe mariage est àcivil : les talapoins n’y
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