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VOYAGE PITTORESQUE
mandarin du dernier roi de Cochinchine . Lajonque passa ainsi tour à tour devant la baiede Ya-trang située par 12°, 6’ de lat. N., placeque fortifia l’ingénieur français Ollivier; elle re-connut Kon-Koë que Dayot donne pour unhavre excellent, les mouillages de Fu-yn etde Quin-hone, l’île de Poulo-Canton, nomméepar les naturels Callao-Ilay ; celles de Cham-Calao , escarpées et stériles ; enfin , servie parle temps, elle entra à toutes voiles dans labaiede Touranne, tranquille et spacieux bassin,encaissé comme un lac au pied de hautes mon-tagnes qui semblent l’isoler de la mer. Notrecapitaine chinois yjeta l’ancre à un demi-millede terre. De ce mouillage les deux tiers du cir-cuit de la rade s offraient à nous comme unmur basaltique de lô à 1,800 pieds de hauteur,tapissé çà et là d’arbres vigoureux et vieuxcomme le monde. Dans tout cc rayon la natureavait un aspect sévère et sauvage, un air devégétation primitive et vierge : on pouvaitdeviner que ces forêts inhospitalières étaientencore le domaine des bêtes féroces ; mais versle S. E. les terrains s’abaissaient, les bois plusclairsemés étaient entrecoupés de plateaux ver-doyans. Les rizières, les champs de maïs, et lestoits montrant leurs crêtes au-dessus du feuil-lage, indiquaient la présence et les travaux del’homme (Pl. XXVII—1). C’était de ce côtéque gisait Fai-fo , ville beaucoup plus impor-tante que Touranne et séparée d’elle par unpetit goulet navigable.
A peine étions-nous mouillés que dix bateauxaccostèrent la jonque , et se disputèrent la fa-veur de conduire les passagers sur le rivage. Jem’embarquai avec Norberg dans celui qui pa-raissait le mieux équipé. C’était une gracieuseet svelte embarcation , armée sur les cotés delongs bout-dehors qui tenaient ses voiles ou-vertes en éventail ( Pl. XXX — 4). En moinsd’une demi-heure elle nous eut conduit devantla barre, que nous traversâmes dans un canotà rames , et sans mâture (Pl. XXX—3). Alorsparut devant nous la bouche étroite d’unruisseau qui vient se jeter dans la baie de Tou-ranne : c’est là que nous prîmes terre, auprèsd’un grêle pont de bois appuyésur quatre pilotis.En face de ce débarcadère se groupent les mai-sons du village, dominées par une espèce de fortque signale va mât de pavillon (Pl. XXIX—1).
Le hasard voulut que le jour de notre débar-quement fût celui d’une fete solennelle en Co-chinchine . A mesure que nous avancions dansle village, des groupes bruyans se croisaient de-vant aous . Ici une douzaine d’adolescens jouaient
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au ballon avec une vessie gonflée ; là d’ aUsautaient par-dessus un bâton placé Iiori z ^Alement; a notre droite, des hommes 01saient un combat de coqs; à notre g aUC j C jdes enfans excitaient l’une contre l’ alltie ,,|1'cailles vertes , et jusqu’à des sauterelle® » . fJ)leurs on jouait aux cartes ou aux dés; 011 Jfencore on maintenait en l’air une espè ce l,
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balle, en la recevant sur la plante des P' ,,En voyant ces Cochinchinois faire la P'^f'dans ce jeu d’une prestesse incroyable’ f .rberg me rappela l’anecdote que Barr°'\ !;l ,conte à ce sujet : « Un des matelots du , aI itvaisseau de l’ambassade de Macartney» spris de dispute avec un naturel, pe» sa .fallait vider cette affaire d’après la inétn 0 ,glaise. Il se posa en boxeur
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points à la hauteur de l’œil, et, après a' 0 J
culé sa botte , il s’apprêtait à frapper > " ( |fson adversaire pirouetta sur lui-niêi» e ’ pifdos tourné, lui décocha gravement un
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Touranne n’étant qu’une bourgade asquine, en quelques minutes nous arriva” 1 ^ ]je ala grande place qui était en même tefflp 5 ^/ 1 'du marché. Là se pressait une multitude ymes et de femmes , d’acheteurs ou de ' e s édemandant ou offrant leurs denrées. ^
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endroit, c’était un pêcheur portantpleine au bout d’un rotin , et tenant a
un régime de bananes; ailleurs deu*affublées de longues robes, les pieds 1111tête coiffée d’un chapeau de paille en ,y!champignon, surveillaient étalés avec i f
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sur une natte, de la poterie , des pois s °" (au 1
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fruits, des gâteaux de sucre et des > 11 'chinoises. Plus loin des marchands m ^ jv
leur riz dans des sacs , pendant qu e 5 ',sans proposaient leurs cochons et 1laides ; à droite on vendait des toiles nji*
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et des étoffes de soie; à gauche des p°et du, bétel. De tous cÔLés enfin»se produisait pleine de vie et(Pl. XXX — 5).
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Les naturels, que nous trouvâmes^ jI(/ . ^ceinte de ce bazar, n’avaient rien Li jje» j.dans leurs costumes. La coiffure , jpï ppantalon variaient suivant les classes f) i
encore suivant la fantaisie de l’ 111
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mise la plus générale des femmes c0tlb
une chemise de coton brune ou bleue» piV
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dant jusqu’au milieu des cuisses, et ,caleçon de nankin noir. Les femmes
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tion se reconnaissent à une tumq ue