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VOYAGE PITTORESQUE
voulait qu’on nous menât à Bidondo , dis-jeau baron ; Bidondo est selon son goût, elle nousl’a désigné : ce doit être la perle du lieu. Al-lons-y demain. »
Bidondo , en effet, est la seconde ville deManille, la ville du commerce et du bruit ,comme celle que nous habitions est la ville dela guerre et du silence. Manille , résidence desautorités supérieures , place d’armes de Luçon ,séjour des nobles espagnols , est à Bidondo ceque sont la Cité et les îles adjacentes à ces ri-ches et populeux quartiers étendus sur les deuxrives de la Seine.
Le lendemain, après notre chocolat pris, lechocolat, cette passion de l’Espagnol , nousnous dirigeâmes vers la ville roturière. Il noussemblait, à mesure que nous en approchions,que l’air y circulait plus libre et plus vif, que laverdure était plus fraîche, le soleil plus lumi-neux.
Pour arriver à Bidondo, il fallut traverserles sombres ponts-levis de la ville militaire,au-delà desquels s’étendait un pont de pierre,dégradé vers le milieu, mais construit à l’euro-péenne , avec des arches cintrées , des parapetset une voie pavée pour les voitures. A notre pas-sage, ce pont était encombré de monde : desEspagnols , des métis, armésde larges parasols,se croisaient sur ce point d’active communica-tion. Des créoles suivies de leurs domestiques,des paysans tagals venus des environs avecleurs denrées, des marchands chinois, des ou-vriers malais, donnaient à la chaussée unair de vie et de mouvement (Pi.. XXXI — 3).A mesure que nous nous éloignions , nousvoyions les hauts clochers de Manille , les rem-parts à pic, les longues lignes de couvens et dehauts édifices se grouper comme un seul blocqui aurait sailli de la rivière.
Adieu à la ville sombre, où tout respire l’aus-térité claustrale ; adieu aux maisons ennuyéeset mornes des seigneurs de Lucon ; adieu àcette enceinte privilégiée qui compte 8,000âmes à peine en maÎLres nonclialans et en ser-viteurs empressés ; voici que le faubourg se dé-roule, voici Bidondo avec ses 140,000 liabitans.Quel contraste ! Des files de maisons éléganteset propres , une fourmilière d’habitans affairés,un quai à perte de vue , où s’amarrent les ba-teaux, où grincent les poulies, où se roulent descolis venus des quatre coins du monde ! A Bi-dondo , point de catégories , point d’exclusionspuériles : auprès des magasins et de la co-quette habitation du négociant américain, voyezle logement de l’ouvrier indigène, du Tagal in-
dustrieux. C’est petit, mais un airy règne; on voit que le travail du propri cta ^a conquis tout cela. La cabane est en bai»™ j[recouverts avec des feuilles de palmier ;y a quelque goût dans l’ordonnance de ces ^tériaux si frêles et si communs. Ensuite»ques meubles à l’intérieur, de grossièresde la Vierge et des saints, un Christ cloue» 1 ^paroi, des provisions , des ustensiles devous disent que le propriétaire du lieu a eudes épargnes, et qu’il les a placées seloU •goûts ou selon ses besoins. Voyez le couple^habite ce logement modeste : rien n’est dedans ses habits. Avec le cigarre favori aU * ^vres , la Tagale a posé sur ses cheveux» cQ y
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par un peigne d’écaille , un béguin quivre et vient flotter ensuite sur ses épaule* »canesou de toile blanche joue sur son seI flaisse à nu une portion de la taille que d eS5 ' J)cambaye rayée tombant jusqu’à la cheville- 9 j u scambaye se roule le tapis, uni parfois, rayé > e K [rsouvent, qui relève les formes et colle tout cement sur le corps. Des espèces de babouch^’^nantàpeineà despieds nus, complètentcet a j|trement (Pl. XXXI —4). Quant au Tag^’piporte le costume européen ou peu s’en f a jechemise qui pend en blouse sur le P aQta ^ti'''toile, la cravate à la colin, le chapeau de . t |i
aux bords fatigués
- 0 , les souliers à boucle 5 ’^»
ne dirait, à voir cela, un paysan de nosméridionales ? A peine l’écharpe ou l’^P^pef
plaid qu’il porte sur l’épaule ferait-il un eceptible dissemblance.
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jais, dont la race domine dan s . |c’bourg de Bidondo où nous étions alors» *indigènes que les Espagnols trouvèreU 1 >jl>cette province à l’époque de la conquête, b i 9 js»furent dans l’origine, s’ils furent d’abordArabes , ou Hindous, s’ils provinrent d’ ull j. ( j ll ei' ilment de ces peuples, c’est ce qu’on n’e*Pjamais d’une manière isolée, c’est ce q u 0peut-être lorsqu’on tiendra la clef des ë ^ jvdivisions des types océaniens. Ces T a Ojgnaient dans cette partie de l’île , ^^fesi? C j,de Salcedo parut dans la rivière de 1
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1571. Depuis cette date reculée,ces indigènes se sont profondément eJll £ e}du contact de leurs nouveaux maîtres- ^tacles qu’une fusion complète a rcncoU^j
le continent asiatique n’existaient c o>* ]
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