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VOYAGE PITTORESQUE
au point du jour, les portes du palais appeléChaï-Za, où nous fûmes reçus par un officier etconduits, à travers la forêt, à une maison decampagne distante d’un mille à peu près de laporte. L’empereur avait couché la nuit précé-dente dans cette maison. Aussitôt que nous fû-mes entrés , le bon vieillard , qui était levé bienavant notre arrivée, envoya un de ses eunuquessaluer l’ambassadeur, et ordonna qu’on nousservît du tbéetd’autres mets. Après le déjeuner ,le monarque, qui était amateur curieux d’ar-mes soignées, demanda à voir le fusil de chassedu capitaine Ismaïloff, et nous en envoya plu-sieurs des siens pour les examiner. Ils avaienttous des platines à mèche. Les Chinois direntque les pierres dans leurs climats contractentune humidité qui les empêche de faire feu ; maisje ne m’aperçus pas que le climat fît cet effet surles nôtres.
» On donna alors le signal de l’arrivée del’empereur. Aussitôt tous les grands se ran-gèrent en ligne, depuis le fond des degrés jus-qu’à la route allant à la forêt, tous à pied , armésd’arcs et de flèches , et en habits de chasse. Ceshabits sont les mêmes que ceux des officiers decavalerie en campagne. On nous marqua uneplace : quand S. M. passa devant nous, ellerépondit à nos saluts par le plus gracieux sou-rire, et nous fit signe de le suivre. Ce priueeétait assis, les jambes croisées , dans un palan-quin ouvert, porté par quatre hommes, avecdes brancards, sur leurs épaules. Devant luiétait un fusil de chasse, un arc et un faisceaude flèches. Il avait adopté cette manière dechasser depuis quelques années qu’il ne montaitplus à cheval.
» Aussitôt que l’empereur fut passé , chacunde nous se remit en selle et le suivit à quelquedistance. On ne s’arrêta qu’au milieu des boisclairs, où un demi-cercle fut formé , au milieuduquel se plaça l’empereur. Alors on étenditles ailes du demi-cercle, et on lança plusieurslièvres dans la direction de l’auguste chasseurqui en tua beaucoup au passage à coups deflèches. Il faisait signe aux princes de pour-suivre ceux qu’il avait manqués, et ils en tuèrentaussi plusieurs, mais aucune autre personnen’eut la liberté de tirer ou de sortir de la ligne.
» De la plaine, nous continuâmes notre routeà l’ouest, vers un endroit couvert de buissonset de roseaux, d’où nous fîmes lever beaucoupde faisans, de perdrix et de cailles. Alors S. M.laissa son arc et ses flèches, prit un faucon surson bras et le lâcha toutes les fois que l’occa-sion se présentait, Le faucon manquait or-
dinairement les faisans au vol; mais, siI e S 1liait les roseaux ou les buissons, il I e P
ga ?liait aussitôt.
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» Après avoir continué à avancer de"*trois milles dans la forêt, nous arrivâmes a 5grand bois, où nous trouvâmes plusieurs s ° r ^de bêtes. Les jeunes chasseurs entrèrentbois et le battirent pendant que les autre®naient les issues. Quoique l’on vît beae c ^de gibier passer, personne ne tira de 1 8 cljusqu’à ce que l’empereur eût tué un c< [ T ^ f gequ’il fit très-adroitement avec une flèche a ‘$tête. Après lui, les princes eurent la perm 1 , eJ jde tuer quelques daims , entre lesquels d S (j .trouva de l’espèce qui-porte le musc. Ced epèce de musc est appelée kaberda en S* ^» Nous avions déjà marché six heures a .val, et à mon compte parcouru quinze 11,1 JeCependant on ne voyait pas encore lela forêt. Nous la quittâmes alors en toui'U 3 ^midi, jusqu’à ce qu’arrivant à des niarai® everts de hauts roseaux, nous fîmesquantité de sangliers; mais, comme ce 11 ^pas la saison de les tuer, ils échappèrent ^ |jLa chasse des sangliers est regardée coin ^plus dangereuse après celle des lions , fe |atigres. Chacun tâchait de les éviter. Main’ v e cquelques-uns de ces animaux se jetèrent sfureur dans les endroits où il y avait I e ^ Je
de chevaux. L’empereur eut la prude"
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faire garder son palanquin par uned’hommes armés de lances.
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» Après dîner, Khnng-IIi envoya dei |S sa <principaux eunuques complimenterdeur, et lui dire qu’il voulait lui fairechasse de trois tigres, qui avaient & e 0 a g e
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pendant quelque temps enfermés dansde fer. La tente de l’empereur était & Léminence entourée de plusieurs rang 3des armés de longues lances. Uueaut' ^l®
fut placée devant celle de Pambassadeui c e5
rassurer lui et sa suite contre la furea 1 " .^rt®bêtes féroces. Le premier tiçre fut mis e " 1 /.gd"'
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par un homme qui, monte sur un je
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Le tisrre en sortit; il ne song e ‘ „^ 0 »c ei
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qu'au plaisir de trouver devant lui n ^ jo* *
il se roula sur l’herbe, bondit,
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à toute bride. Après quelques je J
bats , le tigre se leva , regarda aul Q l ' , ' ri iii eS *
parut inquiet de voir cette forêt
de lances , gronda et commença a l 8 *’
» L’empereur lira trois fois à ba e j g jfl 8
mais la distance étant considérable >