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Tome premier.
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VOYAGE PITTORESQUE

plus dans la mer; c’est le juif -errant des vais-seaux; il faut qu’il marche toujours. Voici qua-tre ans qu’il a quitté Boston . Avant deux ans,il n’y retournera pas. Nous sommes des aven-turiers qui battons tous les pays, qui faisons tousles trafics ; il y a trois mois nous croisions dans laManche de Tartarie, achetant des pelleteries ; ily a vingt-cinq jours, nous étions dans un portde la Mer-Jaune; nous faisons route à l’heureactuelle pour Hawaii ; d’ici à deux mois, nous ymouillerons ; mais qui nous dit où nous seronsdans six mois, dans huit mois, dans une année?—Vous allez à Hawaii , aux îles Sandwich? —Oui, aux îles Hawaii , c’est leur vrai nom.— Eh bien ! capitaine, je suis des vôtres ; voulez-vous cent piastres? — Accepté. »

Et il me secoua vigoureusement la main.Quand ce fut fini, il devint un tout autre hom-me ; donnant à son regard mie expression debienveillance charmante: « Soyez tranquille,ajouta-t-il en anglais harmonieux cl correct,votre étoile vous a bien servi : nous sommesmoins diables que nous n’en avons l’air; vousne regretterez pas d’être monté à notre bord. »Excellent Pendleton ! on verra s’il tint parole.

C’était par le 30» environ de latitude que jem’embarquai sur FOccanic. Une petite cabinefort propre, la table du capitaine, deux petitsmousses prompts à me servir : c’était plus debonheur que je n’espérais. Je m’arrangeai vileet gaiement, pendant que le schooner orientaitses voiles, et se mettait en bonne route.

Nous devions toucher aux îles Bonin-Simapour y faire de l’eau et y pêcher quelques tor-tues. Bonin-Sima, suivant mes études géographi-ques faites à Paris , devait êLre une délicieuse re-lâche. Trompé lui-même par des récits japonais,le sinologue Rcmusat nous avait représenté cesîles comme couvertes de villes , de villages, detemples : d’après lui ce devait être une coloniejaponaise comme Liou-l’chcou, avec un peu-ple aussi doux, aussi hospitalier. Quand je discela au capitaine Pendleton, il ae prit à rire.« Des villages, des villes à Bonin-Sima ! des Ja-ponais à Bonin-Sima! A moins que des fées n’enaient bâti depuis quelques mois ; à moins que latempête n’y ait jeté quelques colons tout récem-ment, vous ne trouverez rien de cela, Monsieur.Autrefois peut-être les Japonais ont-ils eu surce point quelques émigrans. Mais de nos jourson n’en a retrouvé aucun. Il y a deux ans néan-moins, quand j’y mouillai, trois êtres vivans s’ytrouvaient, trois Anglais , échappés au naufrage,seul reste d’un équipage qu’un navire baleinieravait sauvé. Ces trois gaillards-là étaient heureux

comme des rois ! Il ne leur manquait que d eSfemmes ! »

Force était de rabattre quelque chose de B ieSrêves : j’avais affaire à un vieux routier de ceSparages, et d’ailleurs l’heure approchait où b°allions vérifier le fait. Les vents, ordiuairei» emous et variables l’été par ces latitudes, s ° a .fiaient rondement du N. O., direction assez h atuelle dans la saison d’hiver où nous entri 0 li j tLe 14 novembre au soir, Pendleton me sutp _regardant à l’horizon avec une lorgne tl ®

« Pas ce soir, me dit-il, mais demain vous '' e *la terre. Demain paraîtra la petite île ^sario, écueil d’un demi-mille de longuet 11 ^N. O. au S. E., presque toujours inaccessi» ^cause de la houle. Découvert par un Esp a o j.on né sait lequel, retrouvé en 1801 par le c ^taine Bishop du Naulilus qui le nomma D e p.poinlement , puis par la frégate espagnole ^ ^ilelidad le 25 septembre 1813, Rosario a j 6mieux reconnu encore le 18 avril 182S» V ü mcapitaine russe Lütke. Oui, par Lülke,

Pendleton, prenant un livre et chercha » 1ciser ses faits ; par Lütke qui la place par *lat. N. et 138° 42’ long. E. Nous relèvero 115demain au jour. » ,pr

Le jour suivant, Rosario ne parut pasvant du navire , mais par le travers et p r «pdans le N. O. ; les courans nous avaient »au S. E. Le 15, à deux ou trois li c ° eS je#vant nous, se déployèrent, au soleiltrois îles centrales du groupe de BoiB 11 ' ^tandis que les autres, gisant au N. N. R " 1 ^ 51 ?Liaient de loin à des blocs de rochers «en \tl’Océan. A midi, nous jetions l’ancre ‘

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port Lloyd , sur la côte occidentale

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Ce hâ vre serévèle par un haut promo » 101 c l> e ‘

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à pic dans la partie sud et par un gra» s g.

volcanique en forme cle cône du côté »PP . P

A peine FOccanic eut-il mis son ca ,lC

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mer, que je m’y jetai pour visiter cette 5 ei>étalait dans celte saison avancée des al c o#core verts

des forêts entières serrée®^fuses comme les belles forêts vierg eS fC (f.

Amériques. Débarqué, je pus rccoii» 31 ^ce sol admirable se prêterait au bcsoi J, ^, (â u-tes les cultures. Partout, auprès des *^pècfdes zones tempérées, croissaient desqui appartenaient aux zones équatoria^^ta' 1 ’je trouvai le corypha aux feuilles

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le pandanus aux fruits d’un rouge “ af (j a ^lustré , le calophyllum aux feuilles ^de nervures, et quelques espècesdes terminalia , des dodonea ■

(Pl. L — 3).

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