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Tome premier.
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VO Y AG E PITTO R ESQ tJ E

Nous cinglâmes alors d’une manière si directesur Hawaii , que la figure de mon pauvre Philipss’épanouissait de jour en jour. Pour le plaisir devoir filer ïOceamc en droit chemin, il eût vo-lontiers lait le quart pour tout le monde. J’avaiscompati à ses douleurs; il ne voulut pas melaisser étranger à ses joies. Mille petites atten-tions indirectes de sa part venaient me relancerdans la chambre, par l’intermédiaire de deuxmousses. Tantôt c’était une baleine qui soufflaitde l’eau comme les tritons du parc de Ver-sailles ; tantôt c’était quelque fou, quelque frégateou quelque pétrel, qui était venu s’abattre clansnos vergues.Cette période de petites jouissances,comme Philips les aimait, fut interrompue unjour, le 12 décembre, par un cri : Terre ! AlorsPendlelon régna de nouveau ; le second fut ef-facé. a Où ? dit laconiquement le capitaine. —Dans le S. O. à toute vue, répliqua la vigie duhaut des barres de perroquet. ■— Diable! il fau-drait louvoyer trois jours pour la reconnaître.Trois jours , c’est trop ! » 11 voulut au moins sedonner comme compensation le plaisir de lavoir; il grimpa sur les vergues de perroquet.Quand il descendit, il avait l’air préoccupé; ilsaisit sa carte avec quelque humeur. « Rien,dit-il, rien, c’était une île à nommer: l’île Pcnd-leton ; j’en trouvais une enfin qui était à moi. »Il semblait sous le coup d’un désappointement.Il ne se doutait pas alors que, par la même lati-tude, une île avait été vue et nommée le 12 juil-let 1825, et qu’elle aurait figuré sous le nom deMorreil dans la carte de M. d’Urville, avantde prendre celui de Pendleton. Morreil, aven-turier américain comme lui , avait reconnuvers ces parages une île fort belle, d’après sarelation, suspecte d’un peu de jactance. Cetleîle a quatre milles de circuit, mais elle est,s’il faut l’en croire, entourée d’un immenserécif, qui s’étend à l’O. jusqu’à quinze milles,et à trente milles du côté du S. S. E. Cesécueils, formés de coraux, offriraient un bonmouillage du côté du S. O. Morreil ajoute quel’île était couverte d’oiseaux de mer, que laplage abondait en éléphans marins, et la baie enmagnifiques tortues. La position de cette terreest, selon ses calculs, de 29° 57’ de lat. N. et174° 31’ long. E.

Nous rentrâmes vers la mi-décembre dansdes parages qui devaient ajouter plus d’un cha-pitre aux tribulations de Philips. On laissa bienau sud la petite île Patrocimo , découverte en1799 par l’Espagnol Zipiani, capitaine de laSegnora del Pilar , qui lui assigna trois millesd’étendue du N. N. E. au S. S. O.; puis retrou-

vée plus tard par des Américains qui la nom®*

renl Byers, quoique Morreil place Byers par

32’ et 174° 44’ E., c’est à-dire à une trentaine ®

lieues dans 10. N. O. de la position que Zip* 31 **

donne à Patrocinio; mais il nous fallut gou' el

ner vers les écueiisde Pearl et Hermès , où n° u

devions renouveler notre provision de tortue^ -

En effet, le 30 décembre au soir, nous ®ou

lames sur la parlie occidentale de ces bris a,lS ^

Quelques îlots de sables et de rochers nous P‘

rurent seuls saillir hors de l’eau, quoiq^ ^

récif invisible se prolongeât du nord au su

une distance considérable. ^

Ces écueils furent découverts en 1822 p ar •

navires baleiniers Pearl et Hernies qui, 1 ^

guant de conserve , y échouèrent tous les à e

presqu’à la même seconde, encore qu’ils fu s * e ^

éloignés de deux milles l’un de l’autre. Les <* {

équipages, ayant gagné la terre , construis** 1 *;.

avec les débris de leurs navires, un petit **

ment de trente tonneaux , sur lequel ils en 1

quèrent les objets les plus précieux de leur s a

tage; puis, au bout de six semaines de séjot**’

appareillèrent dans leur frêle embarcation

les îles Hawaii qu’ils atteignirent lieu* 6

ment. ;,j>

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Ces îlots dépourvus de végétation, cetteturc sous-marine de récifs, sont probablele résultat d’un accident volcanique, plu s j. àmais assez analogue à celui qui lança u» J

fleur-d’eau, sur la côte sicilienne, l’île

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Nerita. Dans l’intervalle que les savans #à l’aller reconnaître, l’île de la Médi ter f gr-avait disparu. Les écueils Pearl et lier 11ront plus opiniâlres. La lave que l’ondans toute l’île, déjà refroidie et solide .. c \eStdu granit, date sans doute de plusieurs 5 . [f e.et elle tendra plutôt à empiéter qu’à disp 3 ' «2Les brisans s’étendent du 27 e 31’ au (?■N.; leur longitude moyenne est par I e ^ tl e

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il., leur iuji£iiuue muyu.me ^

Se prolongeant ainsi de vingt-cinq ,gii>*

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l’E. au N. O., ils n’ont pas partout ,profondeur ; sur les accores spécialises -existe de brusques variations dans les ,,

de trente-cinq brasses on tombe su

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cent vingt, pour ne plus trouver deinstant après. gJJ t .

Ces écueils Pearl et Hermès abonde*** e ptfsons et en tortues. Après la plus heu* ^ le’che, nous remîmes à la voile pour p* ^ c el ^vents d’ouest qui régnent orclinni 1 ' 6 ^ 1 - aï jvi erépoque avancée de l’hivernage. Le J ^ et) esmalin, nous étions à quatre ou clllC l jgO^la petite île Lisianski, découverte en^ ^ j a t,

le capitaine russe de ce nom, sous