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VOYAGE PITTORESQUE
saluée à son tour par le Tamca-Mca , vaisseauamiral de la marine hawaiienne. Boki ne voulaitpas rester en arrière de politesses avec Pendle-tou. Bientôt notre cortège, grossi du consulJones, chemina avec un certain appareil vers larésidence royale. Malgré le bâton des officiersde police, chargés de balayer les routes et d’im-poser le respect, des nuées d’enfaus venaientgambader autour de nous et s’enchevêtrer dansnos jambes.
Nous arrivâmes ainsi devant une grande porteblanche qui formait la limite de la résidenceroyale. Elle s’ouvrit pour nous seuls, et bientôtil fut possible de voir que Kau-ike-ouli avaitvoulu nous ménager la surprise d’une pompevraiment royale. Sur la place qui entourait sonpalais, sa garde était rangée sous les armes et surdeux files de cent hommes chaque : les soldatsétaient revêtus d’un uniforme blanc complet,avec des paremens et des revers écarlates; ilsportaient tous des chapeaux noirs. Leur capi-taine, le vieux Kahouhou, se distinguait des au-tres par un magnifique frac rouge, bordé de ga-lons d’or. 11 brandissait son épée nue avec un airmartial. Quand nous passâmes devant ces deuxfiles, on nous présenta les armes. Plus loin et àla porte même du palais, nous rencontrâmes lechef de ces troupes, le général Ke-koua-noa enmagnifique costume de général anglais , avec debrillantes épaulettes. Ce fut lui, qui présen-tant la main au capitaine Pendlelon, l’intro-duisit dans le palais. Je suivis avec M. Joneset Philips, qui me poussant par le coude : « Cemoricaud de général, me dit-il, a diablementl’air d’une écrevisse qui sort du feu. »
Le palais de Kau-ike-ouli consiste en unseul appartement spacieux , élégant, presquegrandiose. Tous les bois qui composent sa char-pente, d’une essence noire, dure, solide, sonttaillés et disposés avec un fini merveilleux. Lesassemblages pratiqués au moyen de fortes tressesde fibres de coco sont blanchis à la chaux, re-crépis avec soin , puis raccordés avec élégance.Les couleurs employées dans les diverses par-ties de la décoration contrastent entre elles, detelle sorte qu’il en résulte un effet général, nobleet gracieux à la fois, en harmonie avec la sim-plicité de l’architecture. Pour remédier à ce quidépare les cases des autres naturels, la vue àl’intérieur du chaume de la toiture, on a, dansle palais de Kau-ike-ouli, doublé le toit d’untreillage très-élevé, qui forme une espèce deplafond gracieux au regard. Ce treillage est com-posé de minces lianes étroitement tressées, dontja cpulcur d’un brun-clair ,se marie au noir des
piliers et au blanc des assemblages. Tout *térieur du palais, depuis le plancher j uS< î U ^toit, c’est-à-dire dans un développem elltquarante pieds, est garni de cette manie |-e ’,Le plancher du palais est encore une <•* ^galion aux anciennes coutumes, un luxe îj} 1 ’des autres indigènes. Au lieu d’un simpl^rain nivelé , mêlé d’herbe et de paille , P ulS (| . e ,lidement battu, comme cela se pratiquait al \ e)1
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fois, la résidence de Kau-ike-ouli a un p 3 ' 1
pierres, liées avec du mortier et revêtues u ^couche de chaux. Ce plancher reproduit 10poli et toute la solidité du marbre. On le ee u ^de nattes aux couleurs variées , qui serve 1 * 1tapis. La grande salle, longue de 80 pieJ 5 ’.^était jonchée. L’aspect général de cette P ^est sévère et somptueux. De chaque c ° te ’jeSlarges et belles fenêtres ; aux deuxextrénii ie * r jportes , ornées de fort jolies glaces , avec ^rideaux en damas cramoisi, d’élégantes ta ^à colonnes, de larges trumeaux; une V al j £ [de lustres en cristal, tombant du plîïfo»* s
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portraits à l’huile du feu roi et de son ep u j|jexécutés à Londres et richement encadres • ;s i<de quoi se composait l’ameublement de l a ^ ()dence royale, des Tuileries d’Honou-RuUjLes formalités préliminaires d’une a 111 .. j)>ne sont, à la cour des souverains d’Ha' Ÿaussi longues ni aussi ridicules qu’en É^^t-A peine étions-nous entrés que le roi PS. M. Tamea-MeallI, plus connue sous so"individuel de Kau-ike-ouli, aila trôner *fauteuil recouvert d’un magnifiqueplumes jaunes. Il portait le grand und° l t tl aWindsor avec des épaulettes en or,
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alignées au milieu de la salle; des candd a jen bronze doré adhérant aux piliers ; enl* 11
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Georges IV, et par-dessous, veste, cbas et escarpins de soie blanche. C’étai 1le plus raffiné des majestés européenU eS j';i|J'costume de grand-lever ou de récepti 011 ^;^ 1parat. A droite de Kau-ke-ouli, s ^,1)°^dans toute leur ampleur la régente ^‘'.^li 111manou, les deux ex-reines , Kinau , au i 0 ^ 1 ^femme du général Ke-koua-noa, el g C efrouolie, femme de Kanaina ; puis a u „i5'taine distance, s’alignaient le long ^ eS ^ e , ^debout et dans une attitude respectucu^^r*différens chefs du pays et les principauxdu palais, tous dans leur plus brillant^.^^’Une double rangée de chaises étaittant pour nous que pour d’autres ^
avec qui nous devions partager la . c ii { (l’audience rnvale. A neine Kau-ike' 0 ^,.^^
l’audience royale. A peine JCau-iaperçu Pendlelon, qu’il lui fit si
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