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Tome premier.
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VOYAGE PITTOR.ESOUE

et non écrit. En 1825, sur l'invitation du com-modore Bvron, les notables de l’archipel, lesfonctionnaires militaires et civils se réunirentafin de discuter une espèce de recueil de loisciviles et criminelles, qui se réduisait à la para-phrase pure et simple du Décalogue, et ne sti-pulait rien quant à la pénalité. Les résidens eu-ropéens, instruits de ce projet, le combattirentet firent si bien qu’il fut ajourné. Cependant,en décembre 1829 , dans une assemblée solen-nelle , et malgré l’opposition des colons, quel-ques spécifications pénales furent admises etpromulguées ; savoir : pour le meurtre, la mort ;pour le vol et l’adultère, la prison. Le jeune roilui-même, assisté delà régente Kaahou-Manouet du gouverneur Boki, proclama le nouveaucode devant le peuple assemblé. On l’imprimasur-le-champ, et on le distribua dans l’île à plu-sieurs milliers d’exemplaires. Ces premiers arti-cles furent bientôt suivis d’une foule d’autres.Ainsi on punit tour à tour l’ivrognerie, la pros-titution , la violation du sabbat tant par desplaisirs défendus que par le travail; on punitaussi les relations illicites entre des personnesnon mariées. On arriva de la sorte et peu à peuà faire sévir la loi civile contre tout péché vénielou mortel, contre la plus petite inobservancereligieuse.

Les résidens de leur côté laissaient législater lesmissionnaires, parce qu’ils supposaient que,faits en vue des seuls naturels, les nouveaux ré-glemens n’atteignaient qu’eux, et que les Euro-péens n’en étaient pas justiciables. Ils continuè-rent donc à agir comme par le passé, ne chan-geant rien ni à leur conduite, ni à leurs procédésenvers les insulaires. Ces procédés, il faut ledire, n’étaient pas toujours selon les conseilsd’une sage politique : quelquefois même ils pre-naient un tel caractère de brutalité et d’orgueil,qu’on eût pu renvoyer ces civilisés à l’école dessauvages, pour leur enseigner à tenir compteau moins du droit naturel. Des actes de ce genrepoussèrent à bout la patience des chefs hawaiiens;ils cédèrent alors seulement aux instancesdes missionnaires ; un édit fut lancé, qui assi-milait les étrangers aux naturels pour la juri-diction. Le code d’Havaii devenait applicable àtout individu établi sur le territoire du royaume.Entre autres motifs déterminans de cette mesure,il suffit d’en citer un qui les caractérisera tous.

Suivant les anciennes coutumes du pays,tout animal qui brisait les clôtures d’une pro-priété , et y commettait des dégâts, était adjugéde droit au propriétaire lésé. Le plus souventnéanmoins, la maître de l’animal en était quitte

pour la réparation du dommage. On s’arrang 6 ' 11à l’amiable; on étouffait les plaintes recipques ; on évitait de troubler , pour des nus elinsignifiantes, la bonne harmonie des di .possesseurs du sol. Un seul colon, un Angl aI *'d’humeur moins accommodante que les aut ^affectait de déroger à cette ligne de sage 3 jcessions et de tempéramens conciliateurs. Q uaI îpun animal entrait dans son domaine, quel <1“fut, poule, chèvre ou cochon, il le tuait a c ^de fusil. A diverses reprises , il avait a» )S1de la justice expéditive contre le bétail de 3 ^turels , et ceux-ci, exaspérés, lui avaientune implacable haine. 0 .

La longue plaine qui règne à l’est de ”Rourou est banale : propriété commune d eSbitans, elle sert de pâturage aux chevauxbestiaux de tous les voisins, nationaux oU e ^gers. Les plantations qui entourent ce t®* 1 ^seraient donc exposées aux ravages des andqui y paissent, si on ne les surveillait I eet si, pendant la nuit, les propriétaires

obligés de les tenir parqués. Si rigidece qui le lésait, l’Anglais l’était moins <s’agissait des droits des autres : au lieu

quer son troupeau le soir, il le laissait ^vaguant. Aussi advint-il qu’un jour une ®plus belles vaches à lait, saisie en flagc afll;chez un habitant, fut retenue par luirantie du dommage qu’elle avait causé- ^ ,jCune simple représaille. Et encore l’habi ta ^voulait-il pas garder la vache ; il deniand a,t ^irsimple indemnité. Au lieu de le satisfait -6 ’ pglais accabla l’insulaire d’invectives, fi 1 rdre sa vache de force, et le menaça a. ■»>>traitemens, s’il prenait une seconde f° lS P. [i) ;lliberté. Outré, l’insulaire, à la seconde » 6d’un coup de fusil la vache trouvée en f 3 'A cette audace inattendue, qu’on jug ereurs de l’Européen! Il s’élança sur leaide de quelques domestiques, lui lia- ! e >:tle haillonna, l’attacha a la queue de s °!^ s( ju’ aet traîna le malheureux, ainsi garrotté, j uville, pendant une lieue environ- ® ,e j^y^!pauvre diable ne put suivre le galop d uil tomba et fut impitoyablement traîne- ^ fapar les ruades de la bête qui cherchai 1 , p a

1 - '• • décl-'V

pointe de rocher un morceau de son ^-fi' ^un lambeau de sa chair, l’insulair f S6 L coKmort et étranglé à la ville, si un de 3triotes n’eût coupé la corde qui va jt ^ ^Malgré le supplice horrible dont ü pu^rester victime, le naturel ne fut p a3

barrasser de ce corps oscillant,les cailloux du chemin, laissant