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VOYAGE PITTORESQUE
sites, quelques vestiges d’existence humaine aumilieu de cette nature en débris et de ces morneslugubres, achèvent de donner à tout l’ensembleun aspect saisissant et indéfinissable.
Les naturels racontent que le jour de l’évé-nement un brouillard couronna le morne, etqu’après le coucher du soleil une lueur sem-blable à un feu follet se balança sur la crête dupic ; d’où l’on conclut que cet éclat de lumièren’était que le précurseur de Pele , la déesse desvolcans, c’est-à-dire d’une éruption volcanique.Un prêtre de Pele, qui habitait avec sa famillele village situé au pied de la montagne, rassurales habitans en leur disant qu’il allait offrir desprières à sa divinité, et qu’il les sauverait du dé-sastre. Mais les prières n’y purent rien. Versdix heures du soir, la montagne se fendit commeune grenade dans une longueur d’un demi-mille , et la tranche détachée par la convulsionsouterraine s’abîma dans la mer. Deux petitsvillages furent détruits , et vingt personnes en-viron y périrent. Ainsi tout se compensait. Al’ouest de l’île une coulée de lave créait un pro-montoire ; à l’est un ébranlement des cratèresintérieurs précipitait un morne dans l’Océan.
Que de localités curieuses glissaient ainsi de-vant nous! Quel terrain propice aux recher-ches du géologue, à l’étude de cette action desvolcans , dont nos Empédocle et nos Pline mo-dernes n’envisagent la théorie que d’une façonspéculative et loin des bouches du cratère !
Bientôt pourtant d’autres effets de paysage sedéroulèrent devant le schooner. Nous vîmes lesvillages de Waii-Mauou et de Waï-Pio, nomméscomme les torrens qui les arrosent. Ce dernierendroit surtout charmait par l’âpreté du site.Encaissé de trois côtés par des montagnes à paroislisses, il semblait s’ouvrir vers la mer pourlaisser voir ses cases légères, ses hauts cocotierset son torrent (Pl. LUI — 3). Waï-Pio est cé-lèbre dans les chants nationaux d’Hawaii pouravoir servi de résidence à Mirou et Akea, lespremiers rois de l’île, puis à Oumi et Riroa, quijouèrent un grand rôle dans l’histoire du pays,enfin à Hoa-K.au, roi de cette partie d’Hawaii etfameux dans les annales du pays par ses cruautés.Quand ce roi entendait citer un homme pour sabelle tête, à l’instant même il envoyait un deses satellites qui la tranchait et la lui apportait.Son plaisir était alors de la taillader et de la dé-figurer tout à son aise. Un jour il fit couper lebras d’un homme, par la seule raison qu’il étaittatoué avec plus d’élégance que le sien.
Près de Waï-Pio , se trouvait le Pouho-Nofia,ou lieu de refuge de toute cette portion de l’ile.
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Quoique d’une dimension moindre que cei 'd’Honau-Nau, ce monument affecte la mCforme, et présente aussi les caractères d’une hantiquité. Au milieu de cette enceinte et s ° uS ^.vieux pandanus, était la chapelle qui renmait, au dire des prêtres, les os depetit-fils d’Oumi, et qui, suivant les calculs ^Hawaiiens , vivait il y a à peu près quinze grations. Pour être admis à la faveur de voifreliques sacrées , il fallait apporter au mOJ .° S piocochon pour offrande. Tamea-Mea , R I<? * g0
eux-mêmes étaient soumis à ce tribut.
1823 des missionnaires qui voulaient saU®
leur curiosité furent éconduits, faute par
se résigner à la coutume générale. Tout ce fi e- - vi e}
put faire, ce fut de leur montrer une P^ jg
grossièrement sculptée, qu'on leur dit e
lii ou l’effigie de Riroa.
Un souvenir de barbarie se rattache c " jjtà cette vallée de Waï-Pio. Le roi Oumi,
vaincu dans un combat les rois de six autf eS -t
tricts d’Hawaii, célébrait sa victoire dan s ^ e ,endroit, en sacrifiant les prisonniers de o 11 ^ <J0Quand il eut dépêché un nombre suffi 63 ' 1 g0 Pvictimes , il voulut s’arrêter ; mais la voix W s y
fi";
dieu Koua - Horo se fit entendre : elle
gnifia de continuer : « Frappe toujours» u
elle, toujours_toujours!... » Les pris 0 " g f
furent donc immolés ainsi un à un , le.
géant sans relâche, le roi obéissant sait®
lance. Enfin il n’en resta plus qu’un, U ^jjdI"auquel Oumi désirait faire grâce. Aussi, fi" j e fdvoix divine persista à demander du sang ' ^refusa d’abord, et ce fut à la dernière e * tl e (seulement qu’il donna l’ordre de couro ,J " e 5t‘ 1carnage par un supplice final. Alors yfiseul, absolument seul avec le prêtre- J*,vingts victimes gisant sur le sol avaient ® . v jjji teà tour égorgées en l’honneur de cette
farouche et insatiable. jjé
Je relevais ainsi les points de la côte »Koua-Kini ; et quand un épisode bist 01 "^, c edétail de mœurs s’attachait à quelque l° caexcellent ami allait au- devant de mes fi" n j C .l>^Kapou-Lena, Kolo-Aha,Koumo-Arfi> -..,és "
si'"" y
Heala-Kaka et Neupea , petits vill a S eS . ef) t f
fond de petites criques, ne nous fourn 1
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peu de remarques. Ce dernier h anie£ fi g j*de ce côté le district d’Hama-Koua. ^ (jl 31 !
ue eu cuie uibirici u ,
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mer, la côte d’Hama-Koua présente ^
escarpée, haute de cinq cents j’ e
de buissons et d’arbustes, et coupen culture. La falaise entière est sill°^ a ,, s°^ (jaillissantes. Des cascades bouillonn e ; c ipmet des [fies ; on les voit , tantôt
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